Queensrÿche - Live Evolution

01/10/2005

Par Fanny Layani

Label: BMG

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Pour un groupe à la carrière aussi remplie de bonnes choses que celle de Queensÿche, élaborer une liste de titres où public de chaque période et musiciens trouvent tous leur compte doit être un vilain casse-tête.

Une première remarque s’impose donc avant même d’avoir écouté la moindre note : ce double-album en concert, sorti en même temps qu’une réédition (plus deux bonus) du magistral Operation : Livecrime, a des allures de compilation de l’impossible. Rien n’est passé sous silence, depuis le premier EP éponyme (1983) jusqu’au controversé Q2K, alors dernier album en date. Le tout se trouve de plus revisité de manière assez magistrale.

Enregistré à domicile au Moore Theater de Seattle, Live Evolution est le moyen idéal pour les déçus de Hear In The Now Frontier et Q2K de replonger avec délices – et un brin de nostalgie certain – dans des souvenirs datant d’Operation : Mindcrime ou Empire, les deux chefs-d’œuvre du groupe, ou de retrouver les titres les plus trépignants et électriques de Warning et Rage For Order. On peut toutefois regretter la discrétion du poignant Promised Land dont seuls deux titres apparaissent. Mais c’est aussi l’occasion de redécouvrir les morceaux les plus récents, constituant un petit quart de l’ensemble, de les appréhender avec une autre oreille, voire de leur laisser une nouvelle chance pour ceux qui les avaient rejetés.

Musicalement, Live Evolution est une démonstration assez magistrale de la qualité et de la cohésion de Queensrÿche, même après le départ de Chris DeGarmo. Et si l’on peut regretter la finesse du jeu du guitariste transfuge, son remplaçant Kelly Gray se sort de cette difficile succession avec les honneurs, bien que dans un style fort différent, plus cru, plus « sale ». Quant au son, plutôt brut, on peut lui reprocher d’être par moments défavorable à un Geoff Tate pourtant en très grande forme, ou de faire disparaître totalement le public, aux abonnés absents sur la plupart des titres. Il n’en reste pas moins que cet aspect direct offre une nouvelle vision, plus chaude, des anciens classiques dont la production paraît aujourd’hui vieillie (« Take Hold The Flame », « Walk In The Shadows », « Revolution Calling », « Spreading The Disease » ou « Jet City Woman »).

La théâtralité du chant de Tate – relevée encore par la participation à ce concert de Pamela « Sister Mary » Moore – et ce sens de la composition imparable, qui ont fait la gloire de Queensrÿche, sont une fois de plus mis en évidence de façon flagrante sur ce double album qui finalement paraît trop court.