Centrozoon - Never Trust The Way You Are

27/09/2005

Par Aleksandr Lézy

Label: Resonancer Records

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En 1998, deux Allemands répondant aux noms de Markus Reuter et Bernhard Wöstheinrich décident de fonder Centrozoon, projet fondé sur l’improvisation et l’expérimentation texturale. Le duo évolue de cette manière, en enregistrant en studio et en live, avant d’intégrer en 2000 un chanteur anglais, Tim Bowness, déjà bien connu de nos services, pour la belle voix dont il fait preuve au sein de No-Man. Après la sortie de divers singles, le groupe sort Never Trust the Way You Are en 2004, fruit de cette collaboration.

Le groupe a clairement fait le choix de créer une musique hybride, oscillant entre la musique « pop » grâce des formats de chansons adaptés et des structures naturellement mémorisables et dissociables, et le coté expérimental du progressif, avec des couleurs sonores électroniques et des loops synthétiques renforcées par des nappes hypnotiques.
Concrètement, Centrozoon est le parfait exemple du groupe qui a décidé de ne pas faire comme les autres. Musicalement ouvert au XXIème siècle par son affection pour l’électronique et ses ambiances galactiques, le trio offre cependant la possibilité à chaque auditeur de rentrer dans sa musique grâce à une voix particulière, douce et planante. Parfois très suave et pure, elle agace cependant par sa linéarité robotique. Pour donner une idée plus précise, l’ombre de Depeche Mode plane sur le groupe, tout comme celle de King Crimson dernière mouture (participation de Pat Mastelotto). Aussi envoûtant que le premier et moins complexe que le second, Centrozoon parvient tout de même à rester original – mais peu évolutif – tout au long de ce disque de quarante-six minutes. Plusieurs morceaux se détachent, soit par leur mélodie (« Ten versions of America »), leur rythme entraînant « Carpet Demon » ou les deux à la fois, comme sur le sublime « Little Boy Smile ».
Une production neutre sert parfaitement l’ensemble. Les équilibres entre les beats, la guitare Warr et les nappes sont respectés, pour mettre en avant la voix de Bowness.

La nouveauté qu’apporte Centrozoon à la mouvance progressive, qui a tendance à se reposer sur des acquis sans vouloir trop les bousculer, semble évidente. Les compositions prouvent que ces hommes ont une démarche originale et démontrent qu’un style peut évoluer. Il faudra pourtant donner un peu plus de peps en diversifiant les ambiances et les rythmes, pour éviter que l’auditeur ne soit tenté trop vite d’appuyer sur la touche stop.