Dug Pinnick - Emotional Animal

23/09/2005

Par Justin Poolers

Label: Magna Carta

Site:

Si l’on rajoute un « o » à son prénom, Dug devient Doug Pinnick, bassiste du groupe texan King’s X. Chaque membre de ce trio inclassable a eu le loisir, notamment le guitariste Ty Tabor en plusieurs occasions déjà, de s’exprimer en solo. Il ne manquait plus qu’un album du grand black, qui à lui seul représente un bon tiers du groupe (NdRC : le trio est des poids vous le constatez !).

Quel peut donc être le but d’un album personnel pour un musicien ayant depuis plus de quinze ans une formation qui a tout l’air de lui donner entière satisfaction ? L’envie de jouer avec d’autres musiciens ? Perdu : l’homme exécute chaque instrument sur ce disque, sauf la batterie tenue par Jerry Gaskill, le batteur de… King’s X ! Le besoin de contrôler son art de bout en bout ? Rejouez encore : Dug tient dans son groupe un rôle de compositeur non négligeable ! Une envie de changer d’air, de s’essayer le temps d’un album à un autre de ses styles de prédilection ? Same player, shoot again ! A peu près rien ne distingue Emotional Animal du reste de sa discographie. Vous avez joué vos trois billes, on vous offre l’extra-ball : compte tenu du fait que le dernier King’s X en date (sans compter Black like Sunday qui n’est autre qu’une sorte de compilation d’inédits) est sorti en 2001, on peut parier une partie gratuite que le bassiste a eu le temps d’accumuler les compositions, que l’ont voit à présent réunies sur cet album. Mais ce n’est que pure extrapolation, imaginée dans l’unique but d’arriver à cette constatation : l’album solo de Dug Pinnick, comme ceux de Ty tabor, sont des albums de King’s X déguisés ! Nous allons à présent nous séparer d’un certain nombre de lecteurs. Vous qui n’aimez pas King’s X, au revoir et merci d’avoir lu jusque là !

Pour les autres, il faudra peu de temps pour le dire : la musique des Texans, depuis Ear Candy , s’est considérablement simplifiée, allant jusqu’au dépouillement structurel extrême. L’exercice peut être bienfaiteur et de bon aloi si les idées qu’on laisse à nu sont à la hauteur. Le pourcentage de bonnes trouvailles du trio a malheureusement tendance à diminuer au fil du temps, ne donnant par album que deux ou trois très belles chansons. Mais halte au procès du groupe, acharnons nous sur le bassiste/chanteur ! Cet album n’est qu’une suite de chansons sans réelle saveur, sans mélodie accrocheuse et peu d’idées intéressantes. Ah, c’est bien joué, bien chanté ! C’est même très stylé, mais pour qui possède la discographie de King’s X, rien de neuf à l’horizon, sauf peut-être cette plage video où l’on voit l’animal nous expliquer la réalisation de l’œuvre.

Cette musique est bien fichue, efficace, rock’n’roll ! Comment se fait-il qu’elle n’ait pas le pouvoir de tenir l’auditeur en haleine ?