Andy Bole - Ramshackle Pier (rééd.)

Sorti le: 30/08/2005

Par Djul

Label: Re Records

Site:

Guitariste acoustique de son état, Andy Bole est un artiste polyvalent qui, outre ses nombreux projets (musiques manouches, celtes, indiennes…), a joué avec des membres de formations aussi connues que Fairport Convention, Gong, The Electric Light Orchestra, ou les multi-instrumentistes Dave Stewart et Mike Oldfield. Une très belle (et très progressive) carte de visite, qui s’enrichit aujourd’hui d’un album solo sorti en 1984 et réédité par ReR Megacorp, le label de Chris Cutler.

Disque folk dans le fond, il se distingue vite par sa forme, remarquable par la maîtrise technique du maître d’œuvre, proprement stupéfiante. Avec son instrument, Bole compose des arpèges intrigants ou tristes. On notera également quelques moments électriques et un minimum de « fond rythmique » avec des percussions bienvenues, notamment jouées par Bill Gilonis, ainsi que certains accents venus d’orient (« Finikous », « Pheromones & Incense »).
L’aspect expérimental de l’œuvre est illustré par le double morceau « Resophonics », où les effets sur la guitare de Bole donnent l’impression d’écouter des claviers new-age. Quelques passages chantés, interprétés par Catherine Jauniaux, ne sont là que pour apporter une coloration nouvelle à l’ensemble. Voici donc un disque d’un nouveau genre, à notre connaissance jamais défriché ailleurs : le « lo-fi folk ». L’ensemble reste très calme, voire zen, de sorte qu’il faut à la fois avoir un goût pour ce genre bien sûr, mais aussi une certaine disposition d’esprit, pour l’apprécier pleinement.

Cet album, uniquement composé et enregistré à partir d’instruments aussi simples qu’une guitare et un piano, se paie le luxe d’être avant-gardiste, par son minimalisme et son originalité, ouvrant ainsi la voie à certains groupes plus récents comme The Richard Leo Johnson Trio ou The Claudia Quintet (Cuneiform). Nommé « album de l’année » en 1984 par Folk Roots Magazine, pourquoi ne pas le ramener au jour et lui donner une chance auprès d’une nouvelle génération ?