White Willow - Storm Season

26/07/2005

Par Justin Poolers

Label: Musea

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Il est des groupes qui n’approchent jamais le génie, même si leur musique est bonne et sincère. D’autres le côtoient régulièrement. Quelques uns enfin, sont touchés au hasard d’un album par le doigt de Midas, juste une fois. Ceux là restent pour l’éternité dans la mémoire collective comme ayant tutoyé brièvement la déesse de la musique. Ce n’est pas rien.

White Willow ferait il partie de cette troisième catégorie ? L’avenir seul le dira, mais il est déjà certain qu’après un album comme Storm Season, on se souviendra longtemps de leur nom. Est-ce la conjoncture des étoiles ? Un bon karma ? Un line up approprié ? Après trois albums sympathiques, rien ne laissait présager un tel chef d’œuvre. Sept merveilles de mélancolie, arrangées de mellotron et de cordes, chantées magistralement par Sylvia Erichsen dont la voix, si elle n’est pas extraordinaire, colle parfaitement et dans tous ses registres à chaque composition. Nouveauté chez ces Norvégiens et pour cet album : un guitariste rythmique venu endurcir les ambiances, faisant du coup ressortir le côté le plus sombre de leur musique. On retrouve alors les mortelles ambiances des premiers Black Sabbath, où la lourdeur malsaine inventait alors de nouvelles sensations musicales.

Les multiples claviers analogiques présents sur l’album y confèrent le label non usurpé de musique chaude et sincère. Outre le mellotron, on peut y entendre de merveilleux sons de piano, d’orgue Hammond ou de Moog. Ces instruments sont toujours utilisés à bon escient, pour renforcer les ambiances, voire en créer. Les guitares sont sales dans leur son mais bien jouées, la batterie, quant a elle, semble avoir été sonorisée avec du matériel d’époque (années soixante-dix bien sûr), et tout cela renforce encore l’homogénéité du concept. En effet comment retranscrire la tristesse et la nostalgie avec le son trop propre du matériel numérique d’aujourd’hui ? Mais qu’on se rassure, ce disque n’est pas celui de nostalgiques plagiaires, bien au contraire. Les thèmes et orchestrations ne doivent rien à personne. Notons même la sublime mélodie de la chanson-titre, posée sur un lit de bruitages et de cordes, comme le fait si bien Bjork. Miraculeux.

Rares sont les disques aussi porteurs d’émotions. Celui là est une merveille. En feront ils d’autres de la même intensité ? Espérons-le, bien que les incessants changements de personnel dans la carrière du groupe soient rarement bon signe. Quoi qu’il arrive, ils auront au moins un chef d’œuvre à leur actif.