Dimension X - So... This is Earth

21/06/2005

Par Jean-Philippe Haas

Label: Unicorn Digital

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Signés sur le label canadien Unicorn Records dont la notoriété commence à être reconnue dans le « milieu » progressif (il compte dans ses rangs Kaos Moon, Alkemy, Retroheads et Parallel Mind, entre autres, et une belle brochette de jazzophiles), les Américains de Dimension X proposent avec So… This Is Earth leur premier album après un EP intitulé Adventures in Time and Space sorti en 2001 dans l’indifférence générale. Ces musiciens de Milwaukee évoluent entre rock progressif très dynamique et metal de la même eau, double pédale et guitares saturées obligent.

Leur musique évoque parfois Dream Theater, Watchtower et plus généralement des formations confidentielles du metal progressif américain comme Magnitude 9 ou The Quiet Room, par exemple. Nombreuses cassures de rythme, passages instrumentaux à haute technicité, les morceaux souffrent toutefois d’un manque d’accroche assez flagrant, y compris « Xeno’s Paradox » qui s’étale sur près de dix-sept minutes et ennuie plus qu’il ne séduit. Les rares lignes mélodiques sont étouffées par des ruptures trop envahissantes et les nombreuses bonnes idées rythmiques – souvent soutenues par une basse omniprésente – ne sont jamais vraiment exploitées. Seul «Introspection», vraisemblable concession instrumentale d’une minute trente au claviériste du groupe, tire son épingle du jeu de par sa beauté limpide, ce qui est un comble sur un album métallique ! Quant au chanteur, mélange improbable entre Ray Weston (Echolyn) et Mark Hollis (Talk Talk), il ne pallie guère la froideur de l’ensemble : son manque de modulation et parfois de justesse desservent son timbre de voix pourtant assez agréable.

La production constitue un autre point faible de taille malgré la presence de Richard Addison à la table de mixage. Etouffée, variable selon les titres, elle est souvent à la limite de la démo; tout comme le mixage parfois hasardeux, elle ne rend pas hommage aux rares qualités de certaines compositions. La guitare est souvent lointaine, tant au niveau de la rythmique que sur certains soli, au profit de la batterie et d’une basse ronflante qui occupent le devant de la scène. A quelques exceptions près, les claviers ne sont pas mieux lotis.

Dimension X prouve une fois de plus que dextérité et expérience ne sont pas forcément un gage de réussite : des musiciens surqualifiés produisent parfois une musique sans émotion. Un soupçon de simplicité serait le bienvenu dans la structure des titres. Ecouter les propositions d’un producteur digne de ce nom ne serait pas davantage un luxe.