Compilation - Drum Nation : Volume Two

16/06/2005

Par Julien Damotte

Label: Magna Carta

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Chez Magna Carta, la mode est aux compilations. A la série des Prime Cuts de Tony Levin, Terry Bozzio et bientôt Mike Portnoy – celui-ci en est d’ailleurs fort insatisfait : aucune autorisation ne lui a été demandée ! – vient s’ajouter ce Drum Nation : Volume Two, le premier volume étant paru l’an dernier. Cette fois-ci, le président du label Pete Morticelli a fouillé dans ses archives pour proposer, selon lui, « les performances les plus passionnantes des meilleurs batteurs contemporains ». Ce disque est en effet une compilation de divers morceaux parus chez Magna Carta et réunissant la crème des batteurs qui sont passé par l’écurie: Mike Portnoy, Simon Phillips, Virgil Donati – son jeu de double grosse caisse sur « Space Martini » force l’admiration -, Terry Bozzio ou encore l’inénarrable Dennis Chambers.

Un premier constat s’impose : le choix des extraits retenus n’est pas à la hauteur de cette affiche prometteuse. Les instrumentaux complexes s’enchaînent et font de cette compilation un mélange assez indigeste. Les parties de batterie demeurent bien sûr de très haut niveau, mais ne sont pas mises en valeur dans ce magma de technique. Les chansons sont de plus tirées de leur contexte et il est difficile de rentrer dans chacune d’entre elles, tant l’enchaînement est artificiel et les morceaux hétérogènes. On passe par exemple du rock progressif expérimental de Rama (sur «Meetings » et « Herd Instinct ») au jazz fusion survitaminé de Niacin (« One Less Worry »). De même, les deux extraits de l’hommage à E.L.P. Encores, Legends and Paradox, « Toccata » et The Barbarian », à compter par ailleurs parmi les meilleurs moments de cette compilation, n’ont rien en commun avec le style funky de The Clinton Administration (« Cosmic Shop » et « Family Affair ») ou de Oz Noy (« Steroids » et « Cissy Strut »). En bref, l’accent n’a pas été mis sur l’homogénéité, ce qui constitue un obstacle à l’accessibilité de ce disque.

Cette compilation s’adresse-t- elle seulement aux batteurs ? Heureusement non ! La myriade d’excellents musiciens présents (en vrac : Brett Garsed, Michael Lee Firkins, Mike Keneally pour la guitare, Billy Sheehan, Tony Levin pour la basse ou encore Derek Sherinian, Jens Johansson et Matt Guillory côté claviers) redonne un peu d’intérêt à ce disque avec quelques démonstrations magistrales.

On peut enfin s’interroger sur l’intérêt de cette compilation et sur les motivations d’une telle démarche. Arrière goût de simple sampler tels ceux proposés gratuitement par d’autres labels, on s’interroge sur le but premier : n’est-il que lucratif ? Une page du livret est même consacrée à une publicité pour les disques dont les morceaux sont extraits, dans le genre « si vous avez aimé cette compilation alors achetez les albums suivants… ». Pour ceux qui veulent s’offrir une séance de rattrapage et découvrir les soi-disant « meilleurs moments » de l’histoire de Magna Carta, ce disque est peut-être fait pour vous. Pour les autres, l’achat de Drum Nation : Volume Two ne parait pas indispensable.