Parallel Mind - Colossus ADEA

02/06/2005

Par Jean-Philippe Haas

Label: Unicorn Digital

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Si les formations instrumentales de type basse/batterie/claviers sont monnaie courante dans le rock progressif japonais, elles sont bien plus rares chez les groupes occidentaux. C’est pourtant des Etats-Unis que provient le trio instrumental Parallel Mind. Loin de l’exubérance des claviers nippons, ces américains proposent un album mélodique à la rythmique moderne, riche de sonorités à cheval sur les années soixante-dix et quatre-vingts.

Contrairement à de nombreuses formations instrumentales actuelles, la technique passe chez Parallel Mind au second plan malgré l’indéniable virtuosité des musiciens. Point ici de soli héroïques, de rythmes à la complexité outrancière, place à la mélodie. Si l’on en croit sa biographie, le groupe est influencé par Yes, Rush et Planet X. Il est toutefois assez rare de percevoir de façon flagrante l’influence des deux premiers et c’est un style plus proche de Glass Hammer que l’on peut entendre sur les premiers titres de l’album.

Cependant, ces compositions ne sauraient être résumées à une seule influence car la spécificité de Parallel Mind est d’alterner avec bonheur différents styles au sein de chacun des huit morceaux qui composent l’album : une louche de Planet X sur « The Guardian » et « Beginning’End », une pincée de Caravan et de Camel diluée dans de nombreux morceaux, mais aussi un soupçon de Tony Banks, Magellan et quelques autres pointures du clavier. Si l’on peut regretter par moments les arpèges d’une guitare acoustique sur tel passage et un solo électrique sur tel autre, l’ensemble ne souffre pas trop de l’absence de cordes d’autant que de la trompette, assurée par le batteur en personne, des échos celtiques ou un rythme brésilien viennent agréablement enrichir des compositions déjà fort variées. Cette variété finit malheureusement par desservir l’album, et tel un vin résultant de l’assemblage de plusieurs cuvées, l’absence de caractère s’insinue assez rapidement et une certaine lassitude s’installe au fil de l’écoute.

Colossus ADEA est donc un premier album à la fois riche et mélodique mais qui se disperse un peu trop. Une sorte de Magenta instrumental : on y reconnaît beaucoup de choses et c’est sans doute ce manque de personnalité propre qui fait défaut. On regrettera aussi quelques sonorités très typées néo-progressif qui ne flattent plus vraiment l’oreille de l’auditeur moderne. Malgré tout, Parallel Mind évolue à haut niveau et si le groupe recherche une voie plus personnelle, il est fort à parier que ce coup d’essai sera rapidement transformé.