Amon Düül II - Almost Live (rééd.)

21/05/2005

Par Djul

Label: InsideOut Music

Site:

Groupe majeur de la scène allemande des années soixante-soixante-dix, Amon Düül est une formation à géométrie variable, composé d’une dizaine de personnes de milieux artistiques très différents et dont l’un – et l’un seulement – des buts était de faire de la musique. De ce contexte anarchique, et assez politisé, sont sortis des albums quasi-improvisés et très psychédéliques. C’est en 1968 que le groupe fut scindé en deux, et que naquit Amon Düül II le bien nommé, pour développer une musique encore plus incandescente mais peut-être plus maîtrisée techniquement, comme sur le culte Yeti, sorti en 1970. Vers le milieu des années soixante-dix, le groupe s’engagea dans une voie plus « commerciale », avec des disques au son plus propre, et aux compositions mieux délimitées. Cette deuxième partie de la carrière d’Amon Düül II reste sans aucun doute la plus controversée, et c’est de cette période que Almost Alive (1977) est issu, tout comme les deux autres nouvelles versions CD de Only Human (1978), et de Vortex (1981), proposées aujourd’hui par Revisited Records, le sous- label dédié aux rééditions d’Inside Out.

Dominé par les nouveaux membres de la formation Stefan Zauner (claviers, chant) et Klaus Ebert (basse, chant), le disque s’ancre fermement dans son époque, et des réminiscences du Camel de l’époque avec ses rythmiques presque disco, ou de Roxy Music pour l’aspect pop sophistiquée, se relèvent immédiatement. Véritable blasphème aux yeux de nombre de fans, cela ne générera pour autant pas de succès commercial pour le groupe. Album maudit, au même titre que ses deux successeurs ?

Peut être faut-il reconsidérer les choses avec le recul de quelques décennies. Certes, le disque est ancré dans une période glam et l’introductif « One Blue Morning », très FM et gavé de cymbales charleston que n’auraient pas renié Earth Wind & Fire, est délicieusement kitsch, tout comme la ballade « Feeling Uneasy », qui rappelle un peu le Kansas de la même époque. Mais outre ces moments que seuls les amateurs de la période pourront apprécier, on trouve aussi des titres plus aventureux, comme le quasi-instrumental « Hallelujah » ou le très long « Live In Jericho », seuls véritables témoins de la volonté du groupe d’avoir une approche en prise directe, d’où d’ailleurs le titre de l’album. Sur ces morceaux, plus techniques et aux sonorités – de claviers notamment – étonnantes, le groupe retrouve sa verve « spatiale », pour un résultat toujours daté mais très agréable à l’écoute.

Quant aux titres bonus, « Cosmic Insects » démarre de manière très barrée, avec une sorte de voix trafiquée dissonante, pour se terminer sur un final fluide et mélodique, tandis que « Kitchen Jam » est toujours dans cette esprit free, avec une pointe de jazz bienvenue.

Voici donc un disque qui, à l’instar des deux autres albums d’Amon Düül II qui suivront, démontre une volonté commerciale claire du groupe, ce qui se traduit, comme souvent dans un tel cas, par une musique très marquée par son temps, tant dans sa production, par ailleurs bien redéfinie dans le cadre de cette réédition, que dans sa composition. Les amateurs des groupes nommés ici pourront donc y trouver leur compte, même s’il est déconseillé de découvrir le groupe en commençant par cette période 1977-1981.