Beyond Twilight - Section X

13/05/2005

Par Dan Tordjman

Label: Massacre Records

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On se souvient de la gifle magistrale que Beyond Twilight avait administrée il y a cinq ans avec The Devil’s Hall Of Fame. Jorn “tout-ce-que-je-touche-se-transforme-en-or“ Lande était à l’origine de cet engouement et l’on pensait que Beyond Twilight ne serait qu’un coup de génie, le temps d’un album. Quelle erreur ! Cinq années ont passé et le claviériste-cerveau de Beyond Twilight, Finn Zierler est enfin de retour.

Alors qu’on ne donnait pas cher de la peau du Danois sans Lande, il revient clouer le bec à ses détracteurs en accueillant dans sa Finn équipe, un illustre pas-si-inconnu puisqu’il s’agit de Kelly Sundown Carpenter, vocaliste d’Outworld, dont le premier album devrait sortir prochainement.

Votre sujet de dissertation est donc tout trouvé : A quoi s’attendre avec ce nouvel album sans Jorn Lande ? Musicalement la différence est immédiate : The Devil’s Hall Of Fame se voulait plus lourd avec des titres mid-tempo flirtant plus avec le doom qu’avec le progressif. Cette fois, l’accent est mis sur la rapidité. Les compositions sont très élaborées, et les arrangements très présents. Tuons le suspense d’entrée : il y a une vie après Jorn Lande, Carpenter le prouve sans difficulté. Sa voix puissante, rappelant un peu Devin Townsend sans la surproduction, colle parfaitement aux titres, sombres au possible. Pour information, Zierler, amateur de sensations extrêmes, s’est enfermé quatre jours dans son grenier pour composer. Cela expliquerait-il la noirceur de l’album ?

En tout cas, les ingrédients qui composent Section X sont alléchants : des parties de piano très “painofsalvationesques“ et des riffs en bon acier dont on pensait seul Evergrey capable, des parties orchestrales lorgnant chez Danny Elfman (le compositeur de nombre de films de Tim Burton, dont Edward Cissorhands, et très récemment du générique de la série Desperate Housewives…), des chœurs féminins dans la plus pure lignée de Therion mais surtout des refrains accrocheurs, comme sur “The Path Of Darkness“ et “Ecstasy Arise“. Une grande variété dans les influences que l’on entend sur “The Path Of Darkness“, noir et heavy au possible, et sur lequel Carpenter montre qu’il faudra compter avec lui à l’avenir. Le tout synthétisé, rappellera assez rapidement Symphony X.

Difficile de sortir un morceau du lot : la qualité est au rendez-vous. Citons toutefois le génial “Sleeping Beauty“ probablement le fruit d’une écoute de “The Millionnaire Waltz“ de Queen par Frank Zappa, et l’éponyme “Section X“ dont on ne perd pas une seule des neuf minutes qui composent ce titre : une montée en puissance imparable sur fond de cordes à la John Williams. De l’audace, mes amis, de l’audace ? Serait-ce là le maître mot de Section X ? Peut-être. Toujours est-il que Finn Zierler, a su trouver le dosage entre puissance, finesse et mélodie, comme dans une recette de cuisine !