Franck Balestracci - Existences Invisibles

25/04/2005

Par Greg Filibert

Label: Carbon 7 / Orkhestra

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Batteur/compositeur élevé au jazz et au rock progressif (il cite volontiers Magma, Gong, Soft Machine, Pink Floyd, Yes au rang de ses sources), Franck Balestracci multiplie les expériences musicales depuis plus de vingt ans : enseignement, séances studio, accompagnement d’artistes, musiques de film, projets solo… le bonhomme n’a pas chômé ! C’est en 1999 qu’il réalise Réflexions Futures, son premier album. Existences Invisibles lui fera suite deux ans plus tard. Sorti une première fois chez Muséa en édition limité, Existences Invisibles refait surface en 2003 sur le label Carbon 7.

Difficile de cerner le disque de Balestracci. La musique procure des ambiances très travaillées, faisant la part belle à l’instrumentation midi, aux percussions et aux échantillons. La minutie dont fait preuve l’artiste dans ses arrangements force le respect.
Ce qui dérange, c’est plutôt le caractère inconsistant de l’ensemble. Entre grooves synthétiques, breaks de batterie parcimonieux, et thèmes mélodiques éclairs, il se dégage une impression d’inachevé, d’incomplet. En effet, Existences Invisibles semble illustrer des images, un long-métrage issu de l’imagination du compositeur, qui décrit d’ailleurs les quatorze plages de son album comme des « récits cinématographiques », ce qu’il indique explicitement jusque sur son site internet. Il est sûr que l’absence de support vidéo ne permet pas de saisir complètement la vision de Balestracci ; il ne reste plus alors que le travail d’imagination de l’auditeur. Là encore, la tournure diaphane et dispersée des compositions demandera quelques effort afin de tenir les soixante-quatre minutes proposées. Pas facile également de différencier les titres entre eux, tant les atmosphères et tonalités se confondent, et la quasi-absence d’instruments naturels donnant un aspect artificiel qui peut rebuter.

Existences Invisibles est un concept intéressant, mais peut-être trop personnel pour que l’on puisse y adhérer pleinement. A réserver à ceux qui n’ont pas peur de « se faire des films » en attendant le Modified Reality du multi-instrumentiste, prévu ce printemps 2005.