Evil Masquerade - Theatrical Madness

21/04/2005

Par Justin Poolers

Label: Frontiers Records

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Frontiers Records, label italien, possède dans son écurie la plus belle collection de vieilles gloires du hard rock de la planète, et quelques uns des meilleurs groupes de metal symphonique. Jugez plutôt : Jeff Scott Soto, Kee Marcello, Mike Tramp, Glenn Hughes, Jo Lynn Turner, Honeymoon suite et… Evil Masquarade, groupe de deux albums – pour le moment – formé d’ex-Royal Hunt, Zool ou Sinphonia. Ceux là sont donc remonté sur leurs chevaux pour livrer ce Theatrical Madness.

Dans les années quatre-vingt, Helloween « invente » le metal symphonique, né lui même d’un genre commencé vers 1975 par Ritchie Blackmore avec son deuxième groupe, Rainbow. Trente ans ont passé, et après moult développements, durcissements et évolutions, le style, depuis lors pratiqué par des milliers de groupes, reste bien présent. Alors que dire d’un ènième album reprenant à son compte quasiment tous les clichés d’un genre éculé ? On ne peut certes pas parler d’originalité, ni de recherche musicale… Si le fond est connu, alors concentrons nous sur la forme.

Dès les premiers accords de puissance et roulements de double grosse caisse, on notera une petite touche de personnalité dans la musique. C’est assez rare pour le souligner, et tout à l’honneur de ses créateurs. Les musiciens jouent bien, à un tempo souvent élevé, le chant est des plus agréables, et les clichés présents pas assénés trop lourdement sur nos pauvres oreilles blasées. Rien ne manque dans cet album : les refrains lyriques, les riffs à la Malmsteen, et même d’assez conséquentes parties de claviers bien que le groupe n’en compte pas en ses rangs. Un long solo du keyboard hero Richard Andersson (Time Requiem) rallonge même le titre le plus épique du disque. Bref, mis à part quelques sourires stimulés par un refrain grandiloquent à la gloire de « Bozo the Clown » ou un interlude au clavecin sur le thème de Blanche Neige, rien à dire sur ce disque, produit de main de maître par un des as du genre.

Rien donc, à part signaler qu’il est rempli à ras bord de COM (Children Oriented Metal) , et que l’amateur de progressif, passé vingt-cinq ans, ne fait pas partie de la cible marketing du produit. Ce disque-là rentrera cependant parfaitement dans la case metal symphonique, sans additifs ni sucres ajoutés. Et un de plus ! Chevauchons donc nos canassons et foulons l’herbe verte des immenses prairies à la recherche du Graal sacré. Nous finirons bien par le trouver, sacrebleu !