Parallel or 90 Degrees - No More Travelling Chess

18/04/2005

Par Djul

Label: Cyclops Records

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Ce duo anglais, signé sur le label progressif britannique Cyclops pour le compte duquel il a enregistré trois albums, et anciennement connu sous le nom de Gold Frankincense & Disk Driver (mais qui leur conseille des noms pareils ?!!), propose ici une œuvre singulière. Il s’agit de la réédition d’enregistrements de 1991 à 1999 sur lesquels PO90D ( !) opère une relecture de cinq classiques de Peter Hammill, l’ex-Van Der Graaf Generator, qui, en même temps que King Crimson, défrichait des terres encore inconnues dès 1968, sur lesquelles le genre progressif allait se développer. On ne citera pour mémoire que les monumentaux Nadir’s Big Chance ou Chameleon In The Shadow Of Night, d’où est d’ailleurs tiré «In The Black Room ».

Bien plus qu’un hommage, PO90D propose au fan comme au novice des reprises très personnalisées avec une indiscutable valeur ajoutée. Le travail des guitares et des claviers éloigne le spectre du besogneux et fanatique Tribut au Maître que ce disque aurait pu être. Hammill lui même a d’ailleurs appuyé la démarche du duo.
Les deux premiers morceaux (« Arrow » et « Roncevaux ») confortent dans cette analyse : la force et le côté épique des compositions sont respectés et les Anglais exécutent de bon cœur les passages les plus rapides, modernisant ces morceaux des années soixante-dix, à la fois au niveau de leur production et de leur interprétation.
Toutefois, la production sonne très années quatre-vingt – à l’image, par exemple, des premiers albums de Magellan, en plus synthétique – et la section rythmique, surmixée sans bonheur, n’a pas eu droit à un traitement de faveur avec son parfum de programmation. Le chant d’Andy Tilson reste assez proche de son illustre modèle, dans un registre moins aigu et moins pur, mais s’en sort avec les honneurs. Les saxophones, instruments très utilisés par Hammill et Van Der Graaf Generator, sont aussi bien restituées par les claviers.

Cet hommage joue finalement trop bien son rôle, ne donnant qu’une envie : se replonger dans la discographie pléthorique (et inégale) de ce Bowie progressif ! Avec un constat malheureux : face à la somme des œuvres de VDGG et de son meneur, No More Travelling Chess n’a qu’une durée de vie très limitée. On lui préférera par ailleurs les tribulations de The Tangent, projet formé par les musiciens de Parallele or 90 Degrees, quelques Flower Kings, Guy Manning et… David Jackson, saxophoniste de VDGG !