Trettioåriga Kriget - Elden Av Ar

16/04/2005

Par Aleksandr Lézy

Label: Mellotronen

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Qui n’a pas été mis au courant de la résurrection d’un groupe suédois aussi important que TK dans le milieu du progressif ? Un évènement de cette taille n’a pas pu passer inaperçu. En effet, vingt ans de silence pour les pairs de groupes tels qu’Anglagaard ou Anekdoten, ne peuvent laisser indifférent. Elden Av Ar, qui signifie « le feu des années » retrace en partie les expériences du groupe et constitue aussi une suite dans ce nouvel album.

L’album s’articule en deux parties : la suite « Elden Av Ar » construite sur la base de morceaux composés en 1977, par opposition aux autres, nouvellement écrits. Il n’est cependant pas nécessaire de marquer de différence entre les deux périodes lors de l’écoute, puisque la touche actuelle du groupe se fait sentir sur la totalité des quarante-neuf minutes de musique proposées. Pas non plus de changement de personnel, mais il fait bon remarquer une certaine évolution musicale, si ce n’est même quelques améliorations : de considérables progrès du chant de Robert Zima par exemple, qui à l’époque, fin soixante-dix, n’avait assurément pas les mêmes capacités vocales qu’aujourd’hui. Le chant en suédois surprend d’ailleurs au début, mais apporte au final sa dose d’intérêt, donnant une particularité supplémentaire au groupe à l’instar de Sinkadus par exemple.

La musique de TK est relativement simple et ne peut inviter à l’admiration que grâce à la qualité des mélodies écrites avec brio, attirantrs et délicieusement fredonnables. Les musiciens savent transmettre des émotions, non pas par une technicité inutile, mais par une habileté à faire chanter leurs instruments de tout leur coeur.
De plus aucun desdits instruments ne se détache plus qu’un autre, a contrario des premiers albums où la basse menée par Stefan Fredin était le moteur du groupe. Cela qui rend les morceaux très homogènes et plus appréciables, car l’oreille ne détache pas son intention de l’ensemble. Le coté sombre des premières heures laisse place aussi à une certaine forme d’optimisme entraînant, dans l’esprit des Flower Kings, même si la mélancolie et la nostalgie font partie intégrante des thématiques du groupe, dont les textes sont tous écrits par Olle Thörnvall qui de ce fait officie indirectement au sein du groupe. Mention spéciale au floydien « Gnistor » qui conclue l’album avec un très beau solo de guitare.

Voila un retour sur la scène progressive encourageant. Trettioåriga Kriget n’a rien perdu de sa verve musicale, même si un petit manque d’originalité ressort de ce pourtant bon album. L’écriture reste cependant savoureuse et continue de transmettre les traditions d’une musique que le groupe a su propager dans une certaine mesure à son époque, et c’est bien cela l’essentiel. Retour satisfaisant et heureux pour le moins, en attendant la réédition par Mellotronen du reste de la grosse discographie du groupe.