Elvaron - The Buried Crown

30/03/2005

Par Jean-Philippe Haas

Label: Manitou Music

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Lorsqu’on se penche sur les textes d’Elvaron sans connaître le moins du monde sa musique, on peut être raisonnablement inquiet quant à la teneur de The Buried Crown. Ce quartette français est en effet fort à l’aise dans les tolkienneries chères aux italiens de Rhapsody… On est donc en droit de s’interroger sur l’intérêt de développer des thèmes usés jusqu’à la corde par des générations de groupes de heavy metal, d’autant qu’Elvaron n’en est pas à son coup d’essai.

Néanmoins, là où l’on s’attendrait à trouver un metal lourd mais véloce, double-pédalant furieusement, bardé de duels épiques entre guitare et clavier et illustré par une voix haut perchée, on découvre en réalité une sorte d’Iced Earth agrémentée de claviers, dont les compositions seraient plus complexes, plus variées : nombreuses cassures de rythme, passages acoustiques, intermèdes au violon, violoncelle, flûte et autres instruments classiques.

Malheureusement, de nombreux points faibles viennent gâcher cette démarche prometteuse. Le manque de structure apparente – dû aux incessants changements de rythme – nuit à la fluidité des morceaux. Il en devient alors rare de dénicher des mélodies ou des passages véritablement accrocheurs. Cela frappe particulièrement sur les titres les plus longs comme « One Last Season » ou « King Of Thylia » qui gagneraient à être considérablement épurés, notamment de leurs parties instrumentales plutôt ennuyeuses. Par ailleurs et comme souvent, le chant constitue un autre point faible de taille : la voix faussement agressive et quelque peu forcée ne flatte guère l’oreille et manque de justesse par moments jusqu’à en devenir agaçante. Enfin, la production manque parfois de clarté et le mixage lui-même ne fait pas honneur à tous les instruments : c’est particulièrement flagrant lors des interventions du piano sur les passages électriques.

Elvaron n’évite donc pas l’écueil de la complexité inutile et ne parvient guère à harmoniser les idées qui fourmillent pourtant sur cet album. Nul doute qu’en mettant un peu d’eau dans son vin et en recrutant un chanteur à part entière, le groupe verra la cour des grands s’ouvrir un peu plus.