Forever Einstein - Racket Science

27/03/2005

Par Aleksandr Lézy

Label: Cuneiform Records / Orkhestra

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Offrir à une personnalité la posterité à travers le nom de son groupe en dit long sur les aspirations des musiciens qui le composent ! Forever Einstein, en dépit des connotations qui peuvent lui être immédiatement prêtées, ne donne pas complètement dans le E = Mc² (quoi que ?) mais plutôt dans l’avant-progressif en petite formation. Charles O’Meara (compositions et guitare) et John Roulat (batterie et percussions) sont les deux membres fondateurs de ce groupe formé en 1989, et disposent pour ce cinquième album Racket Science d’un nouveau bassiste, Kevin Gerety.

Il y a dans la musique de Forever Einstein beaucoup trop de références éparses pour toutes les énoncer. Une constante existe toutefois : la polyrythmie sous-jacente à une forme de mélodie bien spécifique, telles les suites de notes a contrario d’accords plaqués redondants, comme il est de coutume de retrouver dans les chansons type couplet/refrain (si si, essayez d’imaginer, vous allez voir).
Le coté rythmique s’efface cependant vite au profit des mélodies et laisse entrevoir d’autres choses. Dans la continuité des albums précédents, Racket Science reprend ainsi les éléments-clefs du groupe avec de nombreuses épurations rendant la musique plus abordable. Un coté léger dans les mélodies oxygène l’ensemble et permet à l’auditeur d’être moins oppressé par certaines difficultés d’approche.
Si Forever Einstein peut être comparé dans l’esprit à un Primus par exemple, ses sonorités sont au contraire douces et non-aggressives, avec une préférence pour les tonalités majeures. Nullement démonstratif, le groupe cache néanmoins derrière des mélodies relativement simples un effort d’imagination et de construction important. Ce disque se veut plus dépouillé que les albums Opportunity Crosses the Bridge et Down with Gravity : l’espace sonore semble moins occupé et donne parfois une impression de vide presque dérangeant. Cela peut être évidemment vu de deux manières, positive ou négative. Seulement, il aurait été judicieux de renforcer le coté énergique de la musique pour la laisser se propager un peu plus, le ton ne décollant pas ou peu, navigant alors dans une atmosphère dotée d’une certaine linéarité.

Malgré quelques reproches, ce Racket Science un peu en deçà de ce que le groupe a déjà proposé, est frais dans les idées et riche dans la conception d’un tout esthétique et original. Forever Einstein reste un groupe important de la scène avant-prog et continue son ascension dans un milieu fermé qu’il se permet d’ouvrir. De plus, les titres des chansons, à rallonge, humoristiques et sympathiques sont un régal…