Metamorphosis - Then All Was Silent

16/03/2005

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Galileo Records

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On peut ne pas porter le courant néo-progressif dans son cœur, voire même avouer en éprouver un certain dédain, et cependant faire une exception. Then All Was Silent, le troisième album de Metamorphosis, est de celles-ci. Jean-Pierre Schenk a donné naissance à un album concept ambitieux. Disons-le d’emblée : il s’agit de sa plus grande réussite. D’une part. la production un peu faible de After All These Years et le relatif manque de créativité de Nobody Cares (sans parler de cette batterie électronique) sont à ranger aux oubliettes, et d’autre part – et c’est le plus important – l’album de Jean-Pierre Schenk présente une réelle progression tant dans la forme (la production) que dans le fond, grâce au grand soin apporté aux morceaux.

Certes, la musique de Metamorphosis ne révolutionne pas, tel n’est pas son but. L’influence classique de Genesis, du Floyd et du Marillion des années quatre-vingt restent très présentes, comme l’illustre « Beyond the Wall ». Pour ceux qui recherchent l’originalité à tout prix, passez votre chemin ! Par contre, si on veut un tant soit peu se pencher sur ces compositions finement ciselées – quelques écoutes sont nécessaires – beaucoup de plaisir peut en être retiré.

Qu’est-ce qui rend cet album si attachant ? Tout d’abord, le concept, s’il est facile d’accès, est intéressant et pose des questions tout à fait actuelles : guerres, clonage… Ensuite, il y a voix de Jean-Pierre Schenk. Celle-ci n’a jamais aussi bien sonné, dévoilant une facilité insoupçonnée dans les aigus. L’ombre d’Eric Woolfson (Alan Parsons Project) n’est pas loin (« When Kenny Was Sad ») ! A de nombreuses reprises, Jean-Pierre Schenk accompagne sa voix d’un clavier très léger et apporte la preuve de ses progrès dans ce domaine.

Enfin, il y a les guitares ! L’album prend parfois une teinte metal comme dans « Confinement », ce qui lui donne une sonorité plus moderne que ses deux aînés. Giova Esposito et David Grillon ont fait un très gros travail. Leur son est tellement peaufiné (et superbe disons-le) qu’il est impossible de savoir qui joue quelle partie de guitare. Les interventions d’Olivier Guenat, à la guitare dans « The Birth » et Milena Zaharieva, à la flûte dans « The Escape », sont à mentionner elles aussi ! Contrairement à de nombreux classiques de ce genre, les claviers sont habilement mis en retrait et n’empêtrent pas l’album dans des sonorités lourdingues et inutiles. A quelques exceptions près, ils accompagnent plus les voix et les guitares qu’ils ne sont au premier plan. On peut en dire autant de la section rythmique : Jean-Pierre Schenk n’est pas un batteur qui fait de la démonstration.

Au total, même s’il navigue dans des chemins très balisés et connus, Metamorphosis livre un album plus que recommandable, à ranger aux côtés des meilleures productions de Clepsydra et Shakary, les grands spécialistes helvètes du genre. Le progressif suisse semble renaître de ses cendres ces dernières années et Metamorphosis en est un des acteurs importants. Il ne reste plus à Jean-Pierre Schenk que de transformer son projet en vrai groupe et de partir en tournée !