Steve Vai - Real Illusions : Reflections

11/03/2005

Par Greg Filibert

Label: Epic

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Un nouvel album de Steve Vai est toujours un événement au sein de la grande communauté des guitaristes ! Après le superbe The Ultra Zone et l’anecdotique Alive In The Ultra World, le guitar hero décide d’élaborer une sorte de concept album sous forme de trilogie. Real Illusions : Reflections est donc « la première partie d’une ménagerie de tableaux possédant plusieurs niveaux de compréhension, fondés sur les exagérations mentales amplifiées d’un fou en quête de vérité qui voit le monde… écoute, lâche l’affaire ! », dixit l’ami des petits hommes verts.

RIR est, à l’instar de ses prédécesseurs, composé de titres instrumentaux comme chantés. Et ce nouvel album démarre fort bien avec l’excellent « Building The Church », composition typique de l’artiste avec ses harmonies célestes, à grand renfort d’harmonizer ! Accompagné par Billy Sheehan (basse) et Jeremy Colson (batterie), le virtuose parvient encore à trouver des sonorités inédites, tel le miaulement d’un félidé sur « Glorious ». En revanche, on aurait pu se passer d’un inutile « Yai Yai » trafiqué à l’humanizer. Le reste du menu est de qualité variable. Il y a déjà ses quelques titres sentant le réchauffé. Les fantômes de « Boston Rain Melody » et surtout « Die To Live » viennent trop souvent hanter « K’m-Pee-Du-Wee », composition mettant en éclat la capacité de Vai à broder comme personne un canevas musical sur une structure simple. « Midway Creatures » sonne malheureusement comme une pâle copie de « Bad Horsie » qui aurait trop reluqué « The Riddle ».
Une autre (petite) déception vient de la piste sept, où comme de coutume se trouve LE morceau de bravoure, point culminant de chaque disque du guitariste. Enregistré live avec orchestre en Hollande, « Lotus Feet » adopte une étonnante sobriété, frôlant parfois le convenu malgré son thème bien choisi et son ambiance somptueuse. On reste assez loin de l’intensité dégagée d’un « For The Love Of God » ou d’un « Windows To The Soul » ! Quant aux chansons, on va du (trop) mystique « Dying For Your Love » à un « Firewall » qui mettra sans doute le feu en concert ! Mais la très bonne surprise vient d’« Under It All », long titre torturé à la douce senteur d’un Flex-Able, offrant une conclusion plus optimiste.

Même s’il y a de très bonnes choses, il faut bien avouer que le soufflé retombe assez vite à l’écoute de ce RIR. Entre le manque de soli véritablement mémorables et les quelques resucées citées plus haut, Steve Vai semble tenir la petite forme ! En dépit de ses défauts, les guitaristes se passionneront à décortiquer le style unique de leur idole. Espérons néanmoins que les prochains chapitres seront plus pimpants. Le bonhomme a déjà prouvé qu’il était capable de bien plus !

NdRC : l’album vient accompagné d’un site dédié que l’on peut trouver ici, avec quelques explications du maître.