Mandrac - Qwartz

10/02/2005

Par Justin Poolers

Label: Autoproduction

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Mandrac est un groupe cannois, qui propose un mélange assez original de techno, d’ambiant et de rock. Formés en 2001, ils sortent avec Qwartz leur premier album, après deux démos et nombre de concert dans leur sud natal. Premier album, mais diablement mature et aux influences difficilement décelables, surtout si l’on n’est pas spécialiste de ce genre d’électro.

Le trio est formé d’un bassiste, d’un batteur et d’un musicien chargé de l’électronique qui prend à lui seul une large part de la palette sonore. Le résultat est néanmoins très intéressant, quoique surprenant aux premières écoutes. Venant de cultures très différentes du rock progressif, ils ne puisent pas leur inspiration aux mêmes fontaines ; mais le fait est que le résultat peut être chroniqué dans ces pages, c’est certain.

Si on peut entendre du Massive Attack, du Bjork, de l’Air ou bien même l’Asian Dub Foundation, de-ci de-là ,leur mixture reste originale et, ce n’est pas une moindre chose, agréable et variée. Le mariage entre les instruments rock et l’électronique intelligente fait merveille, malgré un dosage d’effets divers surchargeant parfois l’assiette. Les morceaux chantés – la moitié – le sont avec bonheur, en anglais sans accent et d’une façon très rock. Les instrumentaux ne tombent jamais dans les travers répétitifs de la techno, et l’on peut en conclure que ce genre de musique exécuté par de vrais musiciens prend une toute autre figure.

Les huit titres sont assez énergiques et judicieusement entrecoupés de morceaux plus paisibles, ce qui permet à l’ensemble de rester homogène et dynamique. Construits sur des bases peu classiques, ils permettent aisément le rapprochement avec l’éthique progressive, celle qui animait les précurseurs du style dans les années soixante-dix. La recherche de sonorités et les mariages harmoniques à priori contre-natures sont présents, et s’il n’est pas rétif aux sons synthétiques ou électroniques, l’amateur de progressif pourrait bien y trouver son bonheur.

A classer dans « musiques nouvelles » plutôt que dans « progressif », cet album devra donc être traité en tant que tel, au risque, pour l’esprit fermé, de crier au scandale en entendant la débauche technoïde emballant ce bonbon.