AmAndA - Qui est AmAndA ?

29/01/2005

Par Julien Van Espen

Label: Polyphème

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Qui est AmAndA ? Une question dont vous ne trouverez la réponse qu’à l’écoute du premier album de cette formation belge. Muse inconnue au passé douloureux, jeune orpheline pourtant déjà chargée d’histoire, elle transmet ses émotions et souvenirs d’une époque qu’elle n’a pas vécue, sous forme de partitions aux musiciens du groupe qui porte son nom et qui ne l’ont jamais vue.
Née à la fin des années quatre-vingt-dix sous forme de trio, la composition de cette formation a très vite évolué. Cette première production ne manque pas d’ambition, la troupe étant accompagnée d’une chorale. Elle sort ensuite le deux-titres Voila!, sorte de prémisse au prochain album du groupe qui s’intituleraLa Maison de Flore.

Stylistiquement parlant, AmAnda ratisse large et englobe des influences nombreuses comme le rock, le classique, l’opéra, la variété ou la new wave. On pense parfois à Ange, Devil Doll ou Lacrimosa. Souvent empreinte de mélancolie, la musique des belges se veut théâtrale, tout comme ses prestations scéniques d’ailleurs. Les morceaux reposent essentiellement sur les textes poétiques et le concept narratif interprétés par le chanteur Thibaut de Halleux qui, bénéficiant d’une large tessiture, donne différentes couleurs aux morceaux : de la variété française ( Polnareff sur « Le faux éveil ») jusqu’à l’opéra (« Qui est AmAndA ?), le spectre vocal couvert est très large.

L’autre force de la formation réside dans les doigts de Mik3, claviériste et principal compositeur. Sa jeunesse témoigne d’une maturité étonnante dans l’approche de l’écriture et général, et celle des parties orchestrales ou des chœurs grandiloquents tout particulièrement. La guitare de Saam est en grande responsable de la facette rock du quatuor. Un son original, que l’on aime ou que l’on déteste, et un jeu sans fioriture s’éloignant des canons du genre, voilà de quoi ajouter encore à la personnalité d’AmAndA. Mélangée aux orchestrations mélancoliques, la six-cordes confère à certains titres un petit côté Lacrimosa non déplaisant. Le chœur intervient toujours à bon escient (« Le Faux Eveil », « Falaises ») et grossit considérablement le son. « Falaises », titre de vingt-deux minutes, ravira l’amateur de progressif alambiqué, incluant même un passage rappelant… les valses viennoises !

Le seul reproche que l’on pourrait faire à Qui est AmAndA ? est le relatif retrait de sa section rythmique et un léger manque de cohésion de groupe : ce premier disque a d’ailleurs été enregistré sans bassiste. Qu’à cela ne tienne, Voila! arrive en 2004. Un son plus chaud et organique, une vraie basse, une vraie batterie pour un résultat plus efficace, avant-goût de La Maison de Flore, qui sortira courant 2005.
Changements de personnel dans le groupe et maturité acquise sur scène se ressentent dans « Voila ! » titre plus progressif, servi par une production plus claire et puissante. Le morceau-titre reprend tout ce qu’Amanda peut faire de meilleur: des mélodies de guitare et de synthé accrocheuses et entêtantes, des paroles facilement mémorisables et poétiques. Les chœurs et les orchestrations sont toujours présents et encore mieux intégrés que par le passé : La Maison de Flore, à venir, pourrait bien concrétiser toutes les promesses que portait Qui est AmAndA ?