Kansas - Leftoverture

25/01/2005

Par Djul

Label: Epic

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Arrivé durant la seconde moitié des seventies sur le devant de la scène, soit tardivement, Kansas avait en plus eu la « mauvaise idée » d’être américain ! Deux caractéristiques qui semblaient mettre le groupe au ban de la scène progressive, plutôt née au début de la décennie et d’origine majoritairement anglaise. Avec le recul, ces arguments paraissent bien creux et, au final, ces « défauts » se sont peut être transformés en atouts… .

En effet, Kansas sonne moins daté et possède une approche plus rock, voire hard, que ses prédécesseurs, un peu à l’instar d’un Rush. Dès lors, et dans le contexte actuel, ces deux groupes s’avèrent peut-être plus accessibles à la génération Dream Theater.
Leftoverture fait par ailleurs office de passage obligé quand on parle de Kansas, tant il fait l’unanimité auprès des fans, et des autres. Quatrième album depuis leur disque éponyme de 1973 et qui s’affranchissait déjà des canons du genre pur et dur, contrairement à Proto-Kaw, premier groupe de certains de ses fondateurs, ce disque propose un progressif avant tout fondé sur l’efficacité et les guitares. L’énorme « Carry On Wayward Son » en est le témoin : Kansas compose avant tout des chansons, voire des hymnes ici, qui continuent à passer sur les bandes FM de l’Amérique entière et font désormais partie de son patrimoine culturel, au même titre qu’un « Sweet Home Alabama ».

Des riffs nerveux et carrés, soulignés par un peu de clavier et quelques instruments à cordes, la voix puissante et aigue de Steve Walsh : il suffit de ces éléments pour faire un album de légende. « The Wall », plus lent et dramatique, est un formidable exemple de la facette épique du groupe, tandis que le concis « What’s on my mind » est un titre hard embelli par de splendides chœurs. Mais le groupe est malgré tout capable d’écrire de longues pièces symphoniques, comme « Magnus Opus », introduit à retardement par « Opus Insert ». Ici, le talent de mélodiste de Walsh est évident tant il illumine le morceau de ses claviers, qui prennent enfin une part prépondérante dans la section rythmique. Steinhardt, au violon, frappe par la pertinence de ses interventions.

On peut donc dire de ce Leftoverture, dont la production sonne encore très bien, qu’il constitue un album très accessible. Voilà un excellent moyen de découvrir le progressif, notamment pour les amateurs de musiques plus dures.