La Zombie et ses BiZons - Herbe de Bizon

23/01/2005

Par Djul

Label: Ad Lib Productions

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Alors que l’année 2004 qui s’est achevée a été riche en matière de Zeuhl – retour d’Univers Zero, de Magma et de Présent, ni plus ni moins! – les jeunes formations qui leur rendent hommage, directement ou pas, fleurissent également : en Angleterre par exemple (Guapo) ou One Shot et les disparus Sotos en France. Toujours dans notre pays, la Zombie et ses BiZons n’a pas encore eu le droit de cité dans nos pages. Cette injustice est aujourd’hui réparée grâce à leur premier disque, 100% instrumental, Herbe de Bizon.

Les références qui sautent aux oreilles à l’écoute de ces huit titres, au-delà de la bande à Vander, sont rigoureusement progressives : un goût pour la dissonance à la Crimson, une évidente référence au jazz Canterbury de Soft Machine, et une instrumentation, incluant la flûte et le vibraphone, qui ne devrait pas laisser insensible les amateurs d’Anglagaard.

Un programme fort alléchant donc, pour les amateurs de progressif pur jus, mais qui ne doit pas occulter la forte imprégnation jazz de l’ensemble, à l’exception de « Juliette », sorte de ballade à la Gary Moore mixée avec les autres éléments précités ! Ce mélange de genres explique d’ailleurs la présence du groupe lors d’un récent festival au Triton.
La partie la plus progressive d’Herbe de Bizon est sans nul doute « La Trève » et ses trois mouvements, où flûtes et guitares se rejoignent et font immanquablement penser au King Crimson voire au VDGG des débuts, références rares en musique contemporaine. De même, « Vaudou » et les interventions enflammées de Christine Maffeis à la flûte, aidée d’une batterie concassée, rappelle la fièvre d’Anglagaard, en moins sombre néanmoins.

L’attention du groupe se porte largement sur la rythmique d’ensemble, renforçant l’aspect hypnotique des compositions comme de bon aloi en matière de Zeuhl. Il arrive d’ailleurs que les mélodies se perdent littéralement en route, et ce ne sont pas le vibraphone, parfois trop en avant, ou la flûte qui permettent de contrebalancer un groupe de rock entier qui préfère la dissonance. Heureusement, les passages calmes permettent de relancer l’attention, même si Herbe de Bizon reste relativement difficile d’accès.
« Pyramides » reste à ce titre l’un des morceaux les plus intéressants, avec ses passages jazzy à la Gong de Gazeuse (intervention du vibraphone oblige !) et ses respirations plus marquées. Instrumentalement parlant, le groupe maîtrise parfaitement son sujet, faisant preuve d’une grande cohérence malgré cinq instruments jouant le plus souvent de concert alors qu’ils pas nécessairement simples à coordonner.

Une œuvre déstructurée donc, et peut-être réalisée sous l’emprise de la Zubrowska, cette fameuse vodka parfumée… à l’herbe de bizon !! Un effort pour apporter un peu plus de mélodies et la formule éminemment originale du Groupe devrait prendre toute son ampleur.