Retroheads - Retrospective

08/01/2005

Par Aleksandr Lézy

Label: Unicorn Digital

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Retroheads est un projet monté à l’initiative d’un producteur norvégien de radio et de télévision, Tore Bo Bendixen. Bercé dans son adolescence par le progressif des seventies, il décide en 2003 de créer son groupe, emprunt de « rétro-isme ». Il compose donc neuf titres seul et s’en va les faire jouer à ses amis : Ann-Kristin Bendixen (sa femme, à la seconde voix), Tommy Berre et Ole Staveteig (aux guitares), Harald Skullerud (aux percussions), Istvan Pados (à la batterie). Tore chante, joue la basse et les synthés.

Dès le départ, les ambiances psychédéliques propres aux années soixante-dix sont de mise. Entendre des intruments d’époque, surtout les claviers, ravivent de vieux démons. Hammond B3, Mellotron, ARP, MiniMoog ou pédales Taurus pour la basse se révèlent bien présents, côtoyant des guitares plus modernes dans l’expression des riffs mais aussi dans leur son. Certes, le mariage de l’ancien et du moderne chatouille un peu par moments. Cependant, l’ajout de percussions et d’une voix féminine agrémente et surtout adoucit les décalages. L’auditeur n’échappera pas non plus aux clins d’oeil floydiens, dans la musique bien évidemment, mais aussi dans les textes. Ces derniers, à l’importance relative, sont néanmoins assez rares et donnent ainsi une grande place aux instruments.

Les morceaux longs introduisent atmosphères cosmiques, soli de guitares et mélodies sympathiques. Un ou deux passages jazzy bien sentis, trop courts hélas, laissent l’auditeur sur sa faim. Plus le disque avance, plus l’énergie se fait sentir, les compositions devenant plus abouties, interessantes et convaincantes. Les thèmes des chansons sont aisément mémorisables à la manière des Flower Kings. D’ailleurs, la voix de Tore possède des similitudes avec celle de Roine Stolt, grave et envoutante.
Le son de l’album marque quant à lui la frontière entre les seventies et leur production. Les musiciens n’ont manifestement pas poussé le vice aussi loin que Liquid Scarlet – groupe précédemment chroniqué dans nos pages et qui présente quelques points communs avec Retroheads – en créant une couche vieillie. Le coté rétro s’arrête en effet ici.

Parfois néo prog comme Pendragon, parfois psychédélique comme Pink Floyd, Retrospective est un bon succédané d’une époque malheureusement révolue. Tout est réuni ici pour faire vibrer le fan de rock progressif qui souhaite retourner ponctuellement dans le temps ou ne pas passer le cap des années quatre-vingt.