Kaos Moon - Circle of Madness

03/01/2005

Par Justin Poolers

Label: Unicorn Digital

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Kaos Moon a vu le jour en 1985, mené par Bernard Ouellette, mais n’a rendu public un premier album qu’en 1994. D’offices comparés à Saga ou Queensrÿche, ce groupe canadien attendra encore dix ans pour offrir au monde ce Circle of Madness.

On pourrait les qualifier de néo-progressif… si ce n’est que cette appellation couperait aisément l’envie à certains de découvrir le groupe, et quel dommage : les étiquettes, parfois utiles, étriquent trop souvent le jugement.
Circle of Madness ce sont huit titres frais, chantés en anglais, qui frôlent le progressif de très, très près. Le rapprochement avec le Marillion actuel est aisé sur les premiers titres, tant la voix de Ouellette (chant / batterie / claviers !) sait distiller des émotions similaires.
La voix n’est cependant pas le seul facteur de ressemblance : à plusieurs reprises on croira entendre la paire Mosley / Trewavas au mieux de sa forme. Même constat avec la boucle de batterie introduisant « Crawl » qui indique une volonté de modernité digne d’un Anoraknophobia.
Mais halte là : Kaos Moon ne fait pas partie de la meute de clones des Britanniques ! Même s’il n’est jamais aisé de faire des comparaisons judicieuses, on peut aussi retrouver à l’écoute de cet album certaines des vibrations déjà ressenties avec les albums de Kevin Gilbert voire, en tirant un peu, le premier album d’Enchant.

Les huit morceaux sont construits autour des claviers, la guitare ne prenant que rarement la place d’honneur, et sont relativement courts : de 3’17 à 7’05. Ils regorgent cependant d’idées et d’arrangements typiquement progressifs, à base de sons analogiques souvent, ce qui donne à l’ensemble un côté vintage rivalisant avec une production moderne, entendez par là post-seventies. Le violon, présent à deux reprises, évoque tantôt Didier Lockwood, tantôt Kansas quand il prend l’unisson de la guitare, comme sur « The Wall of Silence ». Le tout est très homogène, même si on peut regretter une baisse de forme sur la fin. En effet, si les quatre premières plages contiennent de merveilleux refrain dont les mélodies s’ancrent en tête au bout de deux écoutes, les derniers titres démontrent moins d’originalité et laissent un petit goût de « peut mieux faire », ce qui aurait pu sans doute être évité par un ordre des chansons différent. Retenons quand même au passage le titre « Presidency » avec son intro en forme de discours de G. W. Bush sur fond d’orgue d’église : on sent la revendication politique !

Voici donc un disque très recommandable à tout amateur de progressif mélodique, qui trouvera aisément sa place sur votre étagère entre Marillion et Kevin Gilbert. Rien que le triptyque « Eternal Light Avenue / Say to me / Crawl » en vaut déjà le prix d’achat !