Vast - Nude

19/11/2004

Par Djul

Label: InsideOut Music

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Le coup du semestre ! En réussissant à signer un contrat avec VAST, ou plutôt avec Jon Crosby, le petit génie qui se cache derrière ce « Video Audio Sensory Theater », Inside Out s’est attaché l’une des formations les plus prometteuses de ces dernières années.

Historique : en 1998 sort un album nommé VAST justement, brassant des influences incroyablement variées, allant de la world music au metal, et sur lequel un tout jeune homme s’affirmait comme un chanteur de talent, aux intonations rappelant parfois Bono ou Jeff Martin – des excellents The Tea Party – en moins rauque, et un producteur déjà avisé : le son massif de l’ensemble impressionne encore aujourd’hui.
Avec Music For The People en 2001, VAST continuait dans la veine qui avait fait son succès : des titres efficaces, avant tout portés par les mélodies ingénieuses de son meneur et des arrangements proches du grandiloquent. Après s’être séparé tout à la fois de son manager, de son backing band et de son label, Elektra, Crosby était parti six mois dans le désert mexicain, avant de refaire surface, via Internet. VAST avait alors proposé deux disques uniquement en vente en ligne, Turquoise et Crimson. De ces démos nait ce troisième album, à ne surtout pas confondre avec une simple compilation.

Naviguant entre titres acoustiques – on sent que la guitare a été le principal instrument de composition – et envolées électriques et électroniques, Nude ne contient que des morceaux accrocheurs, qui restent immédiatement en tête, sans exception. Arriver à un tel niveau d’accessibilité par tranche de trois ou quatre minutes sans pour autant sacrifier à la sophistication de l’ensemble tient de l’exploit. Quelques titres arrivent malgré tout à s’extirper de l’ensemble : « Turquoise », au son massif et à la rythmique électro rappelant irrésistiblement Depeche Mode, « Thrown Away », premier simple aux ambiances ethniques proches du premier album, ou « Lost » et son intelligent échantillonnage de voix féminines mâtiné de guitares électriques/acoustiques. Tout au plus peut-on déplorer un manque de morceaux puissants, au profit d’une émotion plus à fleur de peau.

Ce n’est qu’à de rares moments que l’auditeur, en dressant l’oreille, pourra se rendre compte que l’ensemble du disque a été réalisé sur Protools (NdRC : logiciel reprenant toutes les grandes fonctionnalités d’un studio d’enregistrement classique) : une batterie au son un peu trop synthétique et quelques passages sur lesquels on note la superposition de « couches sonores » propre à ce logiciel, tels « Be With Me », sont les seuls témoins de cette technique.

Dans un genre finalement pas si éloigné que cela de Stabbing Westward ou d’Anathema pour leurs climats tristes, la musique sophistiquée de VAST est pourtant fondamentalement ancrée dans l’écriture la plus classique. Trop diront certains, cet album éloignant encore plus le groupe de nos colonnes. Reste pour ceux que l’investissement rendrait frileux la solution proposée par Crosby : le téléchargement des deux séries de dix démos, pour 3 U$D (2,3 €) la série. Oui, vous avez bien lu : 3 U$D.