Cross - Playgrounds

26/10/2004

Par Dan Tordjman

Label: Progress Records

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Quatre ans après leur dernière sortie, Secrets, les Suédois de Cross reviennent titiller les oreilles du public progressif avec ce nouvel album, Playgrounds. Les données sont les mêmes, et tout se passe autour du noyau Hansi Cross – Lollo Anderson – Thomas Hjort. Toutefois, sur Secrets, le chant était assuré par un invité qui avait la particularité de … zozoter. Conscient de cela, Hansi Cross a décidé de prendre les choses en main et de s’en charger lui-même. Et c’est fort dommage, car son chant s’avère pénible et ce, dès les premières lignes vocales de “Let The Play Begin“, d’une relative platitude, que l’on regrette d’autant plus qu’il se passe des choses intéressantes au plan musical. Non, la voix de Cross, ainsi que la production très linéaire, viennent gâcher la fête.

Musicalement, les Scandinaves n’ont pas changé leur cheval de bataille et naviguent dans les eaux d’un néo progressif situé entre Pendragon, IQ et Marillion. Les idées sont bonnes et les titres bien construits, avec des cassures et des changements d’ambiance bien sentis, comme sur “A New Beginning“, et certaines parties de claviers n’auraient pas été reniées par un Tony Banks, tandis que le jeu de guitare pourrait rappeler, pour certains, David Gilmour.

Le maître mot de cet album pourrait être la fluidité. Les parties s’enchaînent avec facilité et finesse, ce qui n’est pas donné à tous les musiciens évoluant dans le genre et force d’autant plus le respect que les titres sont assez longs. Après un petit interlude sans doute nommé d’après une crise d’éternuements, “Fjärilshonung“, on goûte à la cerise “Mesmerizing Enterprize“ qui, du haut de ses quinze minutes, panache les influences déjà évoquées. Un vrai régal.

Tout ça pour dire que Playgrounds, en dépit de sa production et du chant, mérite que l’on s’y attarde, surtout si l’on a un fort penchant pour l’école néo-progressive anglaise.