Shaun Guerin - The Epic Quality of Life

20/08/2004

Par Djul

Label: Clearlight Symphony

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« C’est l’histoire d’un mec… » qui ne se remit jamais de la découverte d’un groupe anglais : Genesis. Batteur de formation, Shaun Guerin est également chanteur et a pour particularité d’être le parfait sosie vocal de Peter Gabriel, mais aussi de Phil Collins période 75-77. Ayant eu l’occasion de voir ces deux monuments avec Ruterford, Banks et Hackett sur scène, le petit Shaun semble avoir dédié sa musique à ce groupe mythique, au point de créer un tribute band à son honneur, le bien-nommé « Cinema Show ». C’est donc tout naturellement que ce The Epic Quality of life, second album solo de l’artiste, résonne des échos de Foxtrot ou de Selling England by the pound. La seule pochette, réalisée par Paul Whitehead (Genesis et Van Der Graaf Generator) suffira d’ailleurs à attirer l’amateur, et les premières secondes de « The Epic Quality of Life » termineront de convaincre ce dernier que Guerin poursuit l’œuvre des Anglais.

Autant l’indiquer tout de suite : celui qui cherche avant tout de l’originalité dans la musique pourra passer son chemin sans regrets, tant Guerin reproduit les moindres détails des œuvres de Genesis : sons de claviers, rythmes de batterie, et évidemment voix. Les amateurs de Genesis risquent en revanche de tomber à la renverse, tant The Epic Quality of life semble être tiré d’enregistrements non publiés de Gabriel et sa bande. Nous mettons au défi de trouver qui que ce soit qui ne se laisserait pas berner par « A Queen’s Tale », si nous lui disions qu’il s’agit d’un inédit des sessions studio de A Trick of the Tail. Si Guerin explorait la période Gabriel du répertoire de Genesis avec Cinema Show, force est de constater que c’est plutôt la période allant de The Lamb Lies Down on Broadway à Wind and Wuthering qui a cette fois inspiré le musicien. En effet, les climats sont assez sombres et torturés, comme sur « Monsters in My Room » où Rael, le personnage imaginaire de Gabriel, semble ressusciter. Guerin ayant un ton un peu moins éraillé que Gabriel, il se situe en fait au beau milieu des deux chanteurs de Genesis en termes de sonorité. « Juliet » est quant à elle jouée au piano, avec de légères plages de claviers, dans la pure tradition des titres chantés par Collins lorsque le Gab’ était encore dans le bateau.
On retrouve sur ce disque ses collègues de Cinema Show ainsi que Dan Shapiro à la basse, qui dirige également le label Clearlight. La formation est à l’honneur sur les trois instrumentaux de l’album, dont l’excellent « The Edge of the Earth », où la batterie de Guerin est mise en avant, comme celle de Collins, ou encore « Red Zone », unique titre où le mot « plagiat » peut être utilisé à raison tant il s’agit d’une simple variation de « Dance on a Volcano ». Seul le premier morceau s’éloigne de l’héritage Genesis, avec des guitares criardes qui rappellent King Crimson, une introduction empruntée à « Heart of Sunrise » de Yes (décidément !) et une voix plus personnelle.

Shaun Guerin est mort l’an dernier, juste après avoir enregistré ce disque. Le talent de ce compositeur ne s’exprimera donc plus, et la question de savoir s’il aurait pu transcender sa pesante influence principale restera sans réponse. Reste The Epic Quality of life, à conseiller à tous les fans de Genesis, qui y trouveront un hommage fidèle à travers des compositions pourtant personnelles, un exercice de style particulier voire troublant, mais qui n’en constitue pas moins un très bel ouvrage.