Stereokimono - Prismosfera

20/08/2004

Par Djul

Label: Immaginifica

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Stereokimono possède l’un des plus étranges noms de la scène progressive, cette dénomination ayant l’avantage de donner un aperçu de la musique qui se cache derrière elle : du « pschyphonique oblique rock ». Tout un programme. Trio italien officiant depuis 1989, Stereokimono est un groupe entièrement instrumental, qui a déjà à son actif de nombreuses démos et un premier album sorti sur le label Iridea records, le petit dernier étant passé sous l’étendard de Immagnifica, label de Franz Di Coccio, ancien membre de PFM. Sous le nom ronflant utilisé pour qualifier leur musique se cache un rock progressif teinté de jazz et de musiques psychédéliques, parfois difficile d’accès.

King Crimson est l’influence première et majeure de Stereokimono. Car s’il existe également quelques réflexes free-jazz chez les Italiens, la bande de Fripp, et plus exactement leurs réalisations des années 80, ont clairement pesé sur les titres de ce Prismosfera. On retrouve en effet sur les sept titres de l’album les motifs répétitifs et hypnotiques du Krim’ version Discipline : guitares stridentes, basse slappée d’Alessandro Vittorio, à la manière de Tony Levin, et quelques effets de production qui ajoute à la dissonance de l’ensemble. La violence des derniers albums des Anglais se retrouve ici aussi, « Xetrov » étant émaillé de guitares stridentes, ou « L’Huomo Nuvola » s’inspirant d’ « Elephant Talk » et de ses effets en forme de barrissements. D’autres mouvements peuvent parfois être évoqués au sujet de Stereokimono, comme le RIO sur « Bahnofstrasse», très proche dans l’esprit d’un 5uu’s, avec ses violons et ses progressions improbables. Notons enfin l’existence d’une plage cachée, constituée de nombreux extraits de morceaux progressifs triturés et modifiés, dont l’intérêt est franchement limité.

Trop de sérieux, trop de rigorisme peut-être chez Stereokimono, qui peine à s’affranchir de son modèle. Un groupe comme Los Neutrinos avait réussi à s’extirper de ce carcan en ajoutant une bonne dose d’humour à son progressif krimsonien. De plus, la formule purement instrumentale requiert plus de mélodies pour tenir l’auditeur en haleine. On ne conseillera donc ce disque qu’aux seuls fanatiques des productions DGM pas encore repus malgré les innombrables sorties du label de Fripp.