Moongarden - Round Midnight

14/08/2004

Par Julien Van Espen

Label: Galileo Records

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Quatrième réalisation de la formation italienne, ce disque se démarque des précédents par sa maturité et sa personnalité. Le groupe a beaucoup évolué depuis ses débuts : il a su se détacher de ses influences (Genesis en particulier) pour gagner en modernité et originalité. Round Midnight possède d’ailleurs un potentiel commercial important et ne dénoterait pas à côté des productions de Radiohead et de Coldplay.

Moongarden propose un album plus que varié, allant de l’acoustique cristallin (« Slowmotion Streets ») au heavy prog (« Learning to Live Under the Ground » et son rifforama métallique). D’une durée moyenne (entre cinq et sept minutes en moyenne), les morceaux présentent chacun une identité stylistique propre. On pense parfois à du Marillion période Hogarth, voire à du Porcupine Tree. Luca Palleschi possède une palette vocale très étendue, faisant tantôt songer à Peter Gabriel (« Round Midnight ») tantôt à un Neal Morse au sommet de sa mélancolie (« Wounded »). Ses interventions, parfois simplement accompagnées de piano ou de quelques accords de guitare confèrent à l’album une grande charge d’émotion. Le chant apparaît donc comme la clef de voûte de cet édifice et aussi principal point d’accroche de l’auditeur.
Les tempi dépassent rarement le rythme d’un battement de cœur, dans une veine résolument pop et moderne, encore une fois. L’acoustique et le synthétique se mélangent avec beaucoup de bonheur pour créer des ambiances intenses et mélancoliques, et la production inscrit définitivement le groupe dans la tendance rock actuelle, confèrant énormément de chaleur aux compositions souvent sombres et mélancoliques. « Learning to the Universe », seul morceau long de l’album, en constitue un bon résumé et comprend tout ce que l’on peut retrouver dans la musique des Italiens, ses différentes facettes condensées en dix minutes, en quelque sorte.
Les instrumentistes ne sont pas en reste et privilégient les notes efficaces et les ambiances subtilement tissées aux déluges incessants de notes non maîtrisées. Le Chapman Stick est présent sans être envahissant, à l’image du travail de Tony Levin sur les albums de Peter Gabriel.

Musique rock adulte et intelligente, cette formule pourrait qualifier le quatrième effort studio de Moongarden. Le potentiel du groupe est de taille, et on aimerait plus souvent voire des artistes de cette trempe dans le courant mainstream… Encore faut-il que celui-ci le décide…