Karmakanic - Wheel of Life

06/07/2004

Par Aleksandr Lézy

Label: Regain Records

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Les membres de Karmakanic n’en sont plus à leur coup d’essai : forts d’expériences aussi diverses que nombreuses, ils ont déjà prouvé que leur talent d’instrumentistes n’est plus à démontrer. Jonas Reingold et Zoltan Csorsz, section rythmique des Flower Kings, sont à l’origine de ce side-project qui avait retenu une certaine attention lors de la sortie de son premier album Entering the Spectra, en 2002.

Il est étonnant et assez rare de reconnaître dès les premiers instants la patte expressive de certains musiciens. Force est de constater que Jonas Reingold et Zoltan Csorsz sont les artisans d’une marque de fabrique particulière et que la plupart des compositions formant ce nouvel album pourraient être gravées au nom des Flower Kings. Cependant demeurent quelques touches personnelles qui ne peuvent échapper à une oreille attentive.
Les morceaux fluctuent en durée, donnant ainsi un véritable équilibre à l’album entre de purs moments d’efficacité selon le schéma rock intro/couplet/refrain/solo/couplet/refrain et de longs développements laissant la possibilité aux morceaux d’évoluer selon des critères un peu plus nuancés et diffus, entre improvisation, « échappements » de passages atmosphériques ou tout simplement plus calmes. Les soli n’atteignent pourtant pas le stade de la démonstration, et les fameux apartés jazz propres au jeu de Reingold et Csorsz aèrent la trame. Tous les éléments du progressif sont au rendez-vous, même si l’on retiendra principalement les changements de rythmes incessants donnant du peps à l’ensemble. C’est à ce titre que Karmakanic se distingue malgré tout des Flower Kings : une formule légèrement plus musclée dans les sonorités et les tempi.
L’adéquation des instruments au propos musical paraît évidente. Il n’en demeure pas moins que la basse tient un rôle capital, apportant mélodie mais aussi rythme vitaminé. De nombreux invités comme Roine Stolt, Tomas Bodin et Hasse Bruinisson (tous membres des Flower Kings) font de courtes apparitions, a priori superflues, le groupe de base se suffisant tout à fait à lui-même. La voix de Göran Edman (ex-Yngwie Malmsteen) possède un timbre particulier, mais on peut regretter qu’il soit utilisé de manière quelconque, avec une justesse parfois aléatoire et des réminiscences à la Hans Fröberg. Krister Jonsson, enfin, ne démérite pas, mais reste discret, ce qui le dessert véritablement.

Il résulte donc de ce nouvel album de Karmakanic une impression de déjà vu et déjà entendu, qui nuit à la crédibilité de cet énième projet parallèle. Les morceaux d’une teneur honorable ne laissent malheureusement à l’esprit qu’un arrière-goût sommaire : l’écoute est clairement plaisante, mais l’ensemble manque de caractère, disparaissant vite derrière ce que l’on connaît déjà de ces musiciens, comme prisonniers d’une image.