Hubi Meisel - EmOcean

30/06/2004

Par Djul

Label: Lion Music

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Hubi Meisel débuta sa carrière « progressive » avec le groupe Dreamscape en 1998, sur l’album Very. Une courte expérience qui s’acheva une année et demie plus tard, Meisel préférant se lancer dans une carrière solo, dont EmOcean est la première réelle étape (le premier disque de Meisel, CUT, étant composé de reprises de morceaux pop des années 80 !). C’est entouré d’une équipe de musiciens confirmés que l’Allemand s’est lancé dans ce projet en forme de concept-album : Marcel Coenen (Sun Caged, ex-Lemur Voice), Daniel Flores (Mind’s Eye) à la batterie mais aussi deux Français en la personne de Vivien Lalu (Shadrane) et Jean Affonço (Absolute).

Les titres des morceaux ne laissent planer que peu de doutes quant à la thématique de départ (un indice : c’est bleu, étendu et liquide…), même si elle est développée par des références au mystérieux Triangle des Bermudes, à l’Atlantide et à la mythologie grecque. Ces références fantastiques appellent une musique aventureuse et suggestive… que l’on ne retrouve pas suffisamment sur EmOcean. Car Hubi n’a pas renoncé à ses racines metal, et la musique proposée ici est loin d’être atmosphérique ou éthérée : énergique, clairement basée sur des rythmiques de guitares, il n’est pas question de faire un hommage à l’océan comme celui qu’avait pu faire Galleon avec From Land to Ocean l’année dernière. Seuls quelques titres, parmi les plus réussis d’ailleurs, essayent d’évoquer l’aspect paisible de l’élément (« FantaSea », ou l’inédit « Crystal Moon », très Tori Amos). En revanche, il est difficile de critiquer la manière : les voix sont souvent entremêlées voire doublées, les tempos bien enlevés, et les claviers intelligemment intégrés à l’ensemble (en nappes sur les riffs ou en arpèges de piano). Le long « The Soul of Atlantis » est une bonne illustration des différentes atmosphères que le groupe arrive à créer, avec des riffs lourds atténués par les sonorités planantes des claviers. Mais ne cachons pas le constat que l’on peut faire sur la grande majorité des titres : l’influence du metal symphonique à l’allemande est bien trop présente pour que l’on se pâme devant l’originalité des thèmes développés, à l’image des soli démonstratifs de Coenen qui partent toujours exactement lorsque l’on les attend. Aucune surprise nulle part, donc.

La voix de Meisel est agréable et assez variée, même si elle se rapproche de celle d’un André Matos, pour cet aspect aigu et maniéré. Mais l’Allemand est deux crans en-dessous du Brésilien sur les passages les plus heavy (« Underwater Fears », pénible). Il est d’ailleurs troublant d’entendre les chœurs de Meisel sur certains passages, tant on croirait avoir affaire à une choriste… Le bonhomme a du potentiel, mais à l’écoute de ce nouveau disque, on se demande si ce talent est à exploiter sur une musique aussi dure. On regrette ainsi qu’Hubi ne s’extirpe qu’à de trop rares moments du carcan metal / rock allemand, comme il le fait avec talent sur « Nocturnal Breeze ».

Désormais pressé, Hubi est rentré en studio cet été avec la même équipe, augmentée de Johan Niemann (Therion) à la basse, pour enregistrer un nouveau concept-album ! Souhaitons que le chanteur sache composer une œuvre non pas seulement bien écrite mais aussi plus originale et risquée.