Thork - Wé-Ila

02/06/2004

Par Greg Filibert

Label: Autoproduction

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La petite sphère composée de Nil, Syrinx et Thork fait de plus en plus parler d’elle, et c’est au tour de ces derniers de sortir leur second album, Wé-Ila. Existant depuis près de six ans, les Annéciens de Thork évoluent dans ce que l’on appelle le dark folk rock progressif. Le premier album, Urdoxa, dévoilait un groupe au potentiel fort intéressant. Son successeur était donc plutôt attendu…

Ambiances sombres et hypnotiques sont de mise ! Les titres longs et denses demandent pour la plupart un minimum d’attention afin de ne pas se laisser égarer, bien que certaines mélodies s’immiscent plus facilement dans les esprits que d’autres. Les musiciens brodent des passages pouvant parfois rappeler King Crimson et ses expérimentations (« Délectable Ennui »), ou plus rarement Dream Theater (« Danse De La Terre »). Faisant appel à de nombreux instruments (violon, flûte, sitar ou tabla), Thork enrichit véritablement son environnement musical, lui donnant des accents folkloriques et orientaux, comme en témoigne « Immanence », pour ne citer que lui. Du fait de la présence au sein du groupe des frères Maurin, certains traits harmoniques et certaines ambiances rappellent Nil et Syrinx, enlevant par là-même un brin de singularité au disque, en dépit d’une identité qui reste propre à Thork. Le chant en français de Sébastien Penel s’accommode bien au style, et la versatilité du chanteur lui permet de varier sa voix en fonction du climat sonore, passant par exemple d’une voix fluette à celle lugubre d’un stentor (« L’origine »). Enfin, l’ensemble bénéficie d’un son très correct, même si l’on devine que les moyens n’ont pas été mirobolants.

Thork confirme ainsi, malgré quelques longueurs qui viennent casser le rythme (« Ea »), et miner légèrement la progression au travers de Wé-Ila, qu’il fait bien partie des groupes les plus prometteurs de la scène progressive française. L’inventivité couplée à la maîtrise technique quasi-sans faille des musiciens font de ce second album un disque très intéressant et subtil, mais peu facile d’accès.