Jorn Lande - Out To Every Nation

30/05/2004

Par Xavier Méra

Label: NTS

Site: www.jornlande.com

Out To Every Nation est le troisième manifeste solo de Jorn Lande qui, en dehors de Masterplan, s’est surtout fait remarquer des amateurs de musiques progressives en tant que membre du groupe Ark. Il appartient à la catégorie des grands chanteurs à la voix chaude et puissante, tels Ronnie James Dio, David Coverdale, Glenn Hugues, Steve Walsh, Bruce Dickinson, et Russell Allen, entre autres. 

« Go look for something real… », nous dit Jorn. Inutile de chercher plus loin, c’est ce que nous offre cet album. Lande et Jörn Lofstad (Pagan’s Mind) ont composé dix morceaux bien ficelés, évoluant sur le terrain bien balisé d’une tradition hard rock trentenaire, actualisée par un son moderne. Ce sont essentiellement des chansons courtes aux structures simples, et comme il n’y a rien de très extravagant dans les compositions, seul le chant retient l’attention à la première écoute. On découvre ensuite des qualités que la formule « metal traditionnel » ne laissait pas facilement entrevoir. 
Cet album fait tout d’abord preuve d’une grande diversité pour le genre. De « Young Forever » à « Vision Eyes », on passe d’un bon vieux heavy metal années 80 à un hard FM façon Whitesnake. Les épiques « Out To Every Nation » et « When Angel Wings Were White » sont plus riches. Ces messieurs se livrent aussi au difficile exercice de la ballade, avec « Behind The Clown », et s’en sortent bien, évitant le côté sirupeux qui lui est généralement associé. De plus, cet album est très bien joué, avec une mention spéciale au batteur, Stian Kristoffersen (Pagan’s Mind), qui ne se contente pas de faire parler la poudre à la double grosse caisse. 
Ceci étant dit, Out To Every Nation n’est pas exempt de faiblesses : certains passages sont plus convenus, comme ce « Rock Spirit » dont le sympathique clin d’œil final au « Love Child » de Deep Purple ne peut faire oublier un refrain ridicule. Par ailleurs, Lande abuse un peu des « oh yeah… », » mmm… », et autres « all right », et n’évite pas toujours les clichés : Jorn est un « peace warrior », l’injustice dans le monde, ça l’embête, et il le dit. Cependant, tout cela est narré de manière sincère et attire donc l’indulgence face à une certaine naïveté.

Le bilan est ainsi globalement positif. Jorn Lande maîtrise la difficulté inhérente au genre : il réussit à proposer des mélodies accrocheuses sans être racoleuses, et les titres sont variés et faciles à appréhender, sans laisser pour autant une forte impression de “déjà entendu”. Out to every nation est donc un bon album d’un grand chanteur, mais que l’on ne mettra pas entre toutes les oreilles : les férus de complexité risquent de s’y ennuyer.