TOC - Loss Angeles

15/05/2004

Par Djul

Label: InsideOut Music

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Formation énigmatique, TOC (pour Throne of Chaos) est l’une des dernières signatures du label Inside Out. Mais que ceux qui ressentent de l’aversion pour le metal extrême ne fuient pas au vu du nom de ces Finlandais et de son (affreuse) pochette : cet ancien groupe de black, après deux albums chez Spinefarm, a décidé de laisser libre cours à ses délires musicaux et navigue désormais dans les eaux troubles du « metal progressif psychédélique ». En résulte est une musique qui se veut proprement inclassable, mais in fine, l’ensemble ne fait pas forcément preuve d’une réelle originalité.

Enregistré à Göteborg, dans cette usine métallurgique que sont les studios Fredman (Opeth, Dimmu Borgir, Soilwork et tant d’autres), Loss Angeles navigue entre power-ballads grandiloquentes et metal mélodique bien hargneux. Le groupe se réclame donc clairement de plusieurs décennies : les années soixante-dix pour une (légère) tendance au psychédélisme et pour son chant outré, quatre-vingt pour ses titres courts et efficaces, et enfin quatre-vingt-dix pour le son et les passages agressifs. Deux catégories de titres se distinguent nettement : les morceaux « pêchus » et mélodiques (« The Window » ou « Acid Highway », parfaits en introduction) et les fausses (« Gothamburg » et son passage final enlevé) ou vraies ballades (« Mary-Lou is Dead », sur laquelle on frôle le pastiche de Scorpions). Les seuls moments réellement « originaux » se trouvent sur « Blue Lady », au chant profond et aux strates de guitares à la Townsend ; sa « Suite », instrumental bourré d’harmonique ; et « Break-a-Neck », digne d’un In Flames, avec sa voix death. Ces allers-retours d’un sous-genre à l’autre sont compensés par une production qui égalise les morceaux et un chanteur, Tuomas Nieminen, assez doué dans un registre hard/metal mélodique.

Les deux derniers titres reviennent sur deux classiques du metal : un « Smoke on The Water » dans une version que n’auraient pas renié Soilwork ou In Flames, et un « Night Crawler » plus classique, tant dans le chant que dans l’interprétation.

Alors, TOC, n’est-ce pas le signe de « trouble obsessionnel compulsif » ? Nos Finlandais semblent effectivement bien souffrir d’une névrose obsessionnelle particulièrement handicapante, puisqu’ils mélangent allègrement tout ce qui se fait à base de guitare saturée ! Loss Angeles, comme son titre-jeu de mots-message un peu léger (loss : perte) ne révolutionnera pas le metal, mais présente une synthèse du genre au sens le plus large, pour peu que l’on soit amateur de titres efficaces et peu démonstratifs. Cela reste néanmoins trop peu pour qu’une personnalité se dégage de l’ensemble et c’est bien là le défaut majeur du disque.