Hobbit - All for the One

23/03/2004

Par Greg Filibert

Label: FC Music

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Depuis quelques temps, personne n’échappe au phénomène Seigneur Des Anneaux. Voilà qui tombe bien, puisque le groupe Hobbit ressort de son trou après dix-huit ans d’absence, pour un quatrième concept album sur la célèbre trilogie de Tolkien ! Une plongée en Terre du Milieu, accompagnée de quatre petits hobbits passionnés par leur univers et narrant l’histoire que chacun ou presque connaît !

All For The One, constitué de vingt-deux chansons et interludes narratifs, évolue dans un style rock progressif à la Kansas ou à la Yes. Il s’en dégage une bonne odeur d’années soixante-dix, accentuée par une production certes démodée, mais correcte. Souvent légère, mais par moments plus musclée, voire menaçante lorsque l’histoire l’exige (« Nazgûl », « Mines Of Durin »), la musique bénéficie de fines mélodies et d’arrangements riches et travaillés, qui n’ont rien à voir avec les orchestrations outrancières et pompeuses d’un Rhapsody.
Les claviers et les guitares, acoustiques ou saturées, se croisent avec justesse et simplicité quand la flûte et les chœurs ne se mêlent pas à la fête ! La voix de Gene Fields, aux quelques intonations « andersoniennes » (Yes), possède un certain charme et correspond véritablement à l’ambiance de la Comté alors les refrains accrochent rapidement l’oreille, rendant ainsi le voyage très agréable et attrayant. Quelques perles telles que « There And Back Again », le folklorique « Hey Bombadil » ou le pimpant (mais trop court) « One More Time » ravissent et poussent l’auditeur à continuer la quête jusqu’au bout.
Seuls les titres où la joyeuse communauté doit sortir épées et guitares électriques se montrent moins convaincants, car le groupe y semble moins à l’aise. Le bassiste-chanteur Paul Henry abuse dpe a évolué et certains de ses titres sonnent de manière beaucoup plus commerciale.

Le panel stylistique s’est considérablement élargi. Ainsi, le refrain de « A Moment in Time », notamment, n’est pas sans rappeler le rock sudiste de… Lynyrd Skynyrd, plutôt surprenant et plus ou moins choquant au vu du reste du morceau, toujours aussi typiquement néo progressif. Le chant sur « Empty Promises » rappelle quant à lui très nettement Peter Gabriel. Mais on trouve aussi un mélange entre guitares acoustiques et boucles électroniques. Ces guitares sèches, plus présentes que jamais, donnent un côté résolument pop à certains titres (« Shadowdance »). Les ambiances planantes, toujours présentes, maintiennent le groupe ancré dans le genre progressif et les soli, souvent très floydiens, et les intermèdes instrumentaux s’intègrent enfin harmonieusement à des morceaux simples mais construits et recherchés (« Heart and Soul »).
Le son de l’ensemble a également évolué vers quelque chose de plus abordable pour les oreilles non-initiées : on ne trouve plus guère de soli de claviers, qui désormais accompagnent simplement la voix et les guitares et sont plutôt en retrait par rapport aux précédents disques de la formation. Mais, contre-coup de cette diversité, l’album manque d’unité et de cohérence, et les nombreuses influences au sein d’un même titre leur donnent un aspect hétéroclite. Certains morceaux ne resteront d’ailleurs pas gravés dans les esprits (« Choices »), même si d’autres proposent des ambiances intéressantes.

Final Conflict propose sur Hindsight un rock néo progressif moderne, résolument pop et diversifié mais répondant aux canons du genre. Grevé par un chant assez commun et certaines incohérences, ce disque se laisse tout de même écouter et plaira vraisemblablement aux amateurs de pop sophistiquée et de néo progressif classique.