Atoll - Illian, j’entends gronder la terre

20/02/2004

Par Dan Tordjman

Label: Musea

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Petit cours d’histoire à l’attention des plus jeunes : Atoll connut son heure de gloire dans les années soixante-dix, époque au cours de laquelle le groupe concourrait avec Ange pour le sommet du podium en matière de progressif francophone. Après quatre albums, dont le fameux L’Araignée-Mal, Atoll lâche prise à la fin de la décennie, pour renaître aujourd’hui avec un concept-album sous l’impulsion de son guitariste, Christian Beya.
Illian, voyageur qui traverse le temps et l’espace, arrive sur notre bonne vieille planète. La déception le gagne peu à peu, et fait de lui un être désabusé, notamment du fait du comportements des humains. Concept qui change de Donjons et Dragons

Musicalement, cet album du retour procède de la même veine qu’il y a quelques décennies. On retrouve Raoul Leininger, dont la voix personnelle transporte dans le monde d’Illian. Occasion de prouver que la hache de guerre est enterrée avec Ange, il est rejoint par Caroline Crozat, qui officie habituellement aux cotés du maître chanteur Christian Décamps. La fusion des cultures musicales est ici intéressante : on passe de Mike Oldfield à Yes en n’oubliant pas Pink Floyd, quelques grosses rythmiques ou des éléments de musique médiévale ou éthnique, sans le moindre sentiment de patchwork. Le dosage est bon et l’ensemble fonctionne, lié par la guitare dont on sent la prépondérance. On sera tenté de revenir à des titres tels « Je voudrais Etre », « Le Miroir De Tes Yeux #2 » ou « Au Secours De Vos Jours ».
La production cependant reste perfectible. Un peu datée, elle met les instruments bien en valeur au détriment d’une voix du coup en retrait, rendant les textes – un peu convenus tendance écolo-prise de conscience – souvent difficiles à saisir sur les premiers titres notamment.

On ne peut que féliciter Chris Beya qui, après une longue traversée du désert – quel paradoxe pour un Atoll – revient avec un album-concept fidèle à sa tradition musicale, teinté soixante-dix / quatre-vingt. L’exercice est réputé périlleux mais Beya montre que le rock progressif français peut-être synonyme d’une certaine classe. Welcome back !