Djamra - Transplantation

18/02/2004

Par Greg Filibert

Label: Musea

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Notre voyage au Pays du Soleil Levant en compagnie des sorties Muséa touche à sa fin, le temps d’une dernière escale du côté de Djamra. Originaire d’Osaka, ce jeune quartette fait dans le jazz avant-gardiste décidément très en vogue au Japon, et avait déjà sorti sous forme de démo une esquisse de ce qui allait être son premier véritable album, Transplantation. Celui-ci donne l’occasion aux occidentaux d’être au fait de leur existence.

Tout comme son confrère Daïmonji, Djamra ne fait pas dans la simplicité. Mais que l’on se rassure, le groupe sait où il va et s’aventure rarement sur les terres de l’expérimental, bien qu’il se laisse une belle marge d’improvisation. À la croisée des chemins de Franck Zappa, John Zorn, Soft Machine et King Crimson, Djamra propose des titres alambiqués avec leurs moments de folie, mais sans toutefois oublier de rester un tant soit peu accessible. Véritable moteur de la formation, le bassiste Masaharu Nakakita fait vrombir son instrument avec une certaine virtuosité, assénant grooves entraînants et riffs efficaces que le batteur Akihiro Emomoto appuie à la fois avec puissance et finesse, tout en variant les rythmes et les tempi.
Une section rythmique de cette qualité ne pouvait mieux convenir aux duellistes que sont Shinji Kitamura (saxophone) et Dai Akahani (trompette), lesquels s’en donnent à cœur joie ! Les cuivres rivalisent de dextérité et d’inventivité dans les arrangements et les soli, parfois à la lisère de la cacophonie (« Neo Skin »). Heureusement, la paire Kitamura/Akahani sait canaliser sa créativité et brode tout de même des thèmes obsédants et accrocheurs (« Time Flies Like An Arrow », « Assassin In Sin »).
Il arrive cependant que la musique subisse une baisse de régime et peine alors à capter l’attention. Ainsi un morceau tel que « To India », trop disparate dans sa structure malgré d’intéressantes harmonies orientales et dissonantes, laissera peut-être désorientés les auditeurs les moins attentifs. La production, assez brute dans l’ensemble, rend justice à chaque instrument grâce à une balance bien équilibrée.

Transplantation est la carte de visite de musiciens très habiles dans leur domaine. Si certaines compositions peuvent paraître absconses et rébarbatives, que cela n’empêche pas les amateurs du style d’y jeter une oreille !