Mighty D. - The Last Rise

13/02/2004

Par Julien Van Espen

Label: Iron Glory

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Fondé en 1990 par le bassiste René Tometschek, Mighty D. évolue dans ce que les musiciens appellent eux-mêmes le melancholic death metal. De fait, leur création ne vous rappellera pas les contes de votre enfance. Ceux qui, avec Opeth, avaient l’impression de repousser les limites de leur endurance aux musiques extrêmes, feront mieux de passer leur chemin… Mighty D. évoque en effet davantage Vader que les Suédois.

Successeur de In the Sad Valley of Tears, le très sombre The Last Rise a de nouveau été enregistré au House of Music Studio. On décèle rapidement à l’écoute le salut de ce groupe, en la personne de Carmen Schäfer : guitariste et chanteuse lyrique, elle sauve l’auditeur de l’ennui à elle seule ! Dans un style assez proche de celui de Tarja Turunen de Nightwish, elle donne parfaitement la réplique à Erik Mosoni, chant death, et casse (un peu) la monotonie des morceaux.
Un peu seulement, car ce deuxième disque de Mighty D. manque encore cruellement d’identité. Les structures des morceaux semblent interchangeables tant l’impression de les avoir déjà entendues est grande. Les musiciens alternent passages death ultra violents et arpèges heavy metal, voix gutturale et chant limpide, le tout sans grande originalité. Les morceaux, assez techniques et plutôt bien joués, restent cependant trop redondants et linéaires. Sur certains passages néanmoins, les nappes de claviers apportent de l’air et créent des atmosphères sombres et intéressantes, renforcées par la présence des guitares acoustiques. Le son, correct et rugueux, laisse entendre distinctement tous les instruments, en particulier les voix, bien arrangées, mettant en valeur certains chœurs superbement orchestrés (« Dreams of a Shadow »).

Avec un peu plus de recherche et un claviériste à plein temps en son sein, le groupe pourrait vraiment se faire une place au sein du genre, surtout au vu du potentiel que renferme la voix de Carmen Schäfer. Des influences folks se laissent entendre sur la magnifique balade «Dying Rose», une autre voie que Mighty D. pourrait explorer dans la recherche d’ un style plus affirmé et original. The Last Rise peut être l’occasion de découvrir le death mélodique, à condition de ne pas s’attendre à l’album le plus original du monde.