Lisa Gerrard - Immortal Memory

11/02/2004

Par Djul

Label: Beggars Banquet

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Après plus de quinze années en duo avec Brendan Perry au sein de ce que certains ont qualifié de l’un des groupes les plus originaux et respectés de la planète, soit Dead Can Dance, Lisa Gerrard s’est lancée en 1995 dans une carrière solo prolifique, avec deux albums : le sombre Mirror Pool, son plus beau disque à ce jour, et l’ethnique Duality, avec Pieter Bourke. Poursuivant cette politique de collaboration dans le cadre de nombreuses musiques de films, avec Hans Zimmer notamment (Rainman, Days of Thunder, Thelma & Louise, Gladiator, The Lion King… ), c’est avec un compositeur classique irlandais, Patrick Cassidy, que l’égérie à la voix impénétrable a composé son troisième album.

Immortal Memory était annoncé comme un retour aux sources pour cette Australienne, vers des climats plus torturés et des racines plus européennes (chant en gaélique, en latin). Une seule écoute suffit pour s’en persuader : ce disque se rattache bien plus à Spleen & Ideal, le plus classique des albums de DCD – en moins désespéré – qu’aux percussions et à la world music qui caractérisent la deuxième partie de carrière du groupe, puis de celle de Gerrard.
En l’absence quasi-totale d’éléments rythmiques, ce sont les claviers de Cassidy qui portent la voix unique de la diva tout au long de ce qui est évoqué par le duo comme étant la description du cycle de la vie, jusqu’à la résurrection. Un concept hautement religieux, en adéquation avec la musique éthérée et ce goût du mystère de Lisa Gerrard, qui emprunte aux langues anciennes leurs intonations ou leurs mots pour en tirer des lignes vocales inédites et génératrices d’émotions intenses.
La combinaison des arrangements ensorcelants du claviériste et du chant atteint son paroxysme sur des titres comme « Amergin’s Invocation» et son introduction instrumentale réussie, ou l’emphatique « Sailing to Byzantium ». Rarement disque n’aura autant évoqué la spiritualité, s’achevant par un « Psallit in Aure Dei », en guise de requiem.

Immortal Memory offre un instant de profonde introspection, même si l’on peut regretter que Patrick Cassidy n’ait pas davantage varié les ambiances et l’instrumentation : une plus grande distinction entre chaque titre aurait pu éviter cet aspect parfois monolithique de l’oeuvre. Cepednant, la voix de Lisa Gerrard suffit à magnifier les compositions et l’intégrité – à moins que dévotion ne soit un mot plus juste – qui la caractérise, force le respect.