Kopecky - Sunset Gun

01/02/2004

Par Djul

Label: Musea

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Quatrième production de Kopecky – nom de famille de ces trois frères du Wisconsin, qui, depuis 1997, restent fidèle à leur origines, le progressif instrumental, de préférence complexe – Sunset Gun voit le groupe arriver chez Muséa, après avoir écumé les labels, de Mellow à Cyclops Records, et les premières parties : Planet X, Spock’s Beard, Flower Kings ou Thinking Plague, excusez du peu !

Une seule écoute permet de consater que, chez Kopecky, il n’y a pas que le parcours qui soit tordu. Deux adjectifs, finalement peu usités pour décrire le rock progressif instrumental en vogue ces dernières années, suffisent à décrire Kopecky : sombre et surtout imprévisible. Il faudrait donc plus se pencher du côté de King Crimson et de Djam Karrett pour trouver une filiation à Sunset Gun.
Les sept – longs – titres des Américains empruntent en effet aux premiers leur amour du riff asymétrique et saturé, et aux seconds leur goût pour les atmosphères contrastées et sophistiquées. Ainsi en témoignent le bien nommé « Ascension », aux guitares martiales sur fond de claviers planants, ou « the Divine Art of Flying » et son ambiance indienne très bien retranscrite. Un autre lien de parenté, non revendiqué par le groupe mais bien présent, lie Kopecky à la nouvelle génération du metal progressif, Gordian Knot et Aghora en tête : impossible de ne pas s’y référer à l’écoute de cette guitare aggressive et toute en power chords, ou cette basse bavarde dont le seul but semble être de suivre la six-cordes lorsqu’elle est en solo, et de s’en départir lorsqu’elle revient en rythmique ! « Temptation’s Screaming-Ground » est à ce titre exemplaire, rassemblant en dix minutes épiques l’intégralité de ces caractéristiques, avec une pincée de Dream Theater dernière période pour les riffs.

De bout en bout, ce Sunset Gun est passionnant, accessible et d’une ouverture d’esprit bien rare dans le genre instrumental. La production est au diapason avec un bel équilibre d’ensemble favorisant tour à tour basse et batterie avec intelligence, le tout sonnant, jusqu’aux sonorités de claviers, parfaitement moderne. Il ne manque plus qu’un supplément de mélodies mémorisables pour que Kopecky atteigne le niveau stratosphérique du projet de Sean Malone.

Il s’agit donc d’une bonne surprise, pour un groupe qui s’inscrit dans la lignée des artistes contemporains supportés par des labels tels Cuneiform ou Laser’s Edge, mais que Muséa a su avec flair attirer dans son giron.