Ars Nova - Biogenesis Project

24/01/2004

Par Greg Filibert

Label: Musea

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Ars Nova, trio de Japonaises adepte de rock progressif conceptuel, sort un nouveau disque : Biogenesis Project. Toujours menées par l’extravagante claviériste Keiko Kumagai, la bassiste/chanteuse Mika et la batteuse Akiko Takahashi livrent avec cet album leur dernière prestation au sein du groupe, avant de céder respectivement leur place à Shinko Shibata et Masuhiro Goto (ex-Gerard). C’était aussi l’occasion de réunir une brochette d’invités plus ou moins renommés, dont Arjen Lucassen (Ayreon), Gianni Leone (Il Balleto Di Bronzo), Claudio Simonetti (Daemonia), Luccio Fabri (PFM), Atsushi Hasegawa (Gerard) parmi d’autres.

Avant d’évoquer le plus important, soit la musique, un mot sur le concept futuriste tarte-à-la-crême écrit par (NdGreg : un sacré) Numero Ueno, digne d’un film de série Z : la Terre est surpeuplée et, au sein de Metropolis ( !), une équipe de biogénéticiens illuminés crée d’un mélange d’ADN le prédateur ultime. Puis ils font sauter la planète mais le Président du Monde et quelques autres parviennent à s’enfuir dans un vaisseau… Incluant cette Némésis. Quel avenir pour la race humaine ?
Musicalement, donc, Biogenesis Project est un album riche, mais qui peut à la longue se révéler assez ennuyeux, voir même agaçant. Tout commence pourtant bien avec « Biogenesis Melt Down » dont les claviers impériaux et les guitares de haute tenue servent l’ambiance apocalyptique. Mais les choses se gâtent dès « Escape », dont les parties chantées semblent venir d’un autre temps, bien révolu voire archaïque. Le passage instrumental de ce titre, mêlant soli en tous genres (claviers et guitares) est plus intéressant, mais cette profusion parfois hystérique – bien qu’elle reste maîtrisée – finit par étouffer l’auditeur.Voilà qui n’a rien de surprenant quand on sait que Keiko Kumagai est une inconditionnelle d’ELP devant l’éternel.
À l’exception des interventions de Mika (« Mother Earth »), les lignes de chant de cet album frôlent le quelconque, et les tartines de mellotron saupoudrées de moog rendent la digestion encore plus difficile. Tout ceci est bien dommage car Ars Nova développe quelques thèmes intéressants (« Metamorphosis ») et n’est jamais aussi convaincant que lorsque ces dames prennent le temps de soigner leurs mélodies, usant des claviers avec parcimonie (« Escape » et « Trust To The Future » en partie) et laissant ainsi respirer leur musique.

Malgré le concept résolument « nanar » – explications sur le site officiel, les détails sont savoureux – et les tenues provocantes de la sulfureuse Keiko, il faudra beaucoup d’effort si l’on n’est pas fidèle de ce groupe culte ou amateur de claviers dégoulinants pour être séduit par Biogenesis Project, plus difficile d’accès que ses prédécesseurs.