Kotebel - Fragments of Life

26/11/2003

Par Djul

Label: Musea

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Mysticae Visiones, le deuxième album des Espagnols de Kotebel, nous avait conquis l’an dernier avec un progressif symphonique à forte tendance instrumentale. Aujourd’hui, les Ibériques livrent, avec Fragments of Light , un disque hélas moins inspiré.

On retrouve sur ce nouvel album la « patte » de Carlos Plaza, claviériste et principal compositeur : la quasi-totalité des titres est donc orientée vers son instrument, dans un style très bavard et d’avantage classique que rock. Mais ce n’est pas tout, car ce même Carlos Plaza est également le principal bassiste et batteur du groupe ! Cela n’apparaît qu’à la lecture des notes de production, prouvant que le bonhomme est doué. Les passages plus enlevés sont cependant confiés au guitariste César Garcia Forero, auteur de soli mélodiques oscillant entre David Gilmour et Steve Hackett en moins inspiré d’une part, et influences latines d’autre part (cf. « El Quimerista », où l’interessé joue aussi de la basse de façon très « Levinienne »). La seconde spécificité du groupe, plus particulièrement développée sur cet album, tient en la présence d’une chanteuse soprano sur trois des plus longs titres. Carolina Prieto n’a pas un timbre spectaculaire mais contribue indéniablement à l’originalité de Kotebel, son pendant masculin, Juan Olmos, étant un peu plus en deçà sur « Fuego » (« Fire »).

Cela dit, le gros du disque se compose avant tout de parties instrumentales, et particulièrement sur sa deuxième partie, avec « Children Suite » et ses huit morceaux entièrement joués par Plaza. L’intérêt de ce Fragments of Light tient pourtant dans ses premiers titres, dont « Hades », sorte de progressif latin et pourtant pas si éloigné d’un Anglagaard, avec sa flûte et sa guitare dansante ; Carolina, dont la voix est doublée, fait de cette composition la meilleure du disque. Dans un registre plus mélancolique, « Memoria » est un très beau titre qui n’est pas sans rappeler Genesis, et « Fuego » (« Fire ») nous ramene aux premières heures de King Crimson. Plaza sort enfin parfois des sentiers battus, comme sur « Espejos », et ses harmonies jazz bienvenues.

On reprochera juste à ce disque sa linéarité et parfois sa facilité, ce qui, considérant à la fois la prédominance du clavier et les soixante-dix minutes que durent l’album, pourra constituer un obstacle pour certains.