Chawata - Portuguese Shower

11/10/2003

Par Djul

Label: Babylon Bypass

Site:

Chawata n’est pas le dernier arrivé sur la scène jazz rock française. Bien que n’ayant sorti officiellement qu’un mini album, le groupe possède une solide expérience scénique, et ses membres ont participé à de nombreux autres projets.
Chawata se présente aujourd’hui avec sa formule unique de « brutal jazz », qui emprunte beaucoup à Zappa et un peu à Soft Machine et King Crimson. Une démarche intéressante qui rappelle un peu celles des Canadiens de Miriodor, et, dans une moindre mesure, We Insist !.

L’auditeur ira de surprise en surprise tout au long de ce disque. L’aspect « big band » de Chawata étonne tout d’abord : le groupe « traditionnel » est augmenté de nombreux cuivres et de quelques invités, visiblement venus pour se faire plaisir. Ensuite, on retient la fluidité de l’ensemble, malgré la variété des styles abordés (zeuhl, fusion à la Fishbone, jazz barré à la Naked City…).
L’ensemble est mené à la baguette par une section rythmique imparable, qui enchaîne breaks et changement de rythmes avec brio, en étroite liaison avec les cuivres.
Sur ce canevas, seuls la guitare et les claviers se permettent plus de liberté, passant du hard bien violent au funk des années 70. C’est finalement cette maîtrise technique, ainsi qu’un certain goût pour l’expérimental qui font rentrer Chawata dans la famille (élargie) du progressif. « Blob », disponible dans notre section écoute, synthétise d’ailleurs parfaitement cette démarche avec son groove et ses guitares mi-metal mi-Motown, de même que « Portuguese Shower » et ses treize minutes d’improvisation où le groupe s’immerge dans un délire copieusement violent. « Wanabonne » recèle même un passage death (!) et « Un verre… » est une sorte de reggae électro. La constante est bien l’énergie dégagée par Chawata : à part sur le spatial « Ze Best Fin D’Bande », ça ne s’arrête jamais !
Seule petite déception, la présence, il est vrai rare, d’un chant à la Magma, en plus outré, et qui n’apporte vraiment rien à une trame instrumentale suffisamment riche en rebondissements pour se suffire à elle-même.

En bref, voici un album pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux, et que la forte présence de cuivres n’effraie pas : Portuguese Shower est l’exemple d’une prog-fusion réussie !