Queensrÿche - Tribe

14/09/2003

Par Djul

Label: Sanctuary

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La réintégration de son co-leader, Chris De Garmo, après six ans d’absence, était annoncée de façon fracassante. Le retour aux sources est-il aussi un retour en grâce ? Car depuis 1997, et le semi-échec de Hear in the Now Frontier, de Garmo n’a pas été bien prolifique, c’est un euphémisme, et Queensrÿche a tenté, en engageant le producteur Kelly Gray à la guitare, de pallier au départ de son principal compositeur. Le résultat fut en demi-teinte avec Q2K, un album plus rock américain, où les titres surprenaient par leur concision et leur simplicité.

Pourtant, le groupe n’a jamais réellement perdu de son crédit auprès de son public, qui n’oublie pas que les américains sont, bien avant Dream Theater, les géniteurs du métal progressif avec le concept Operation Mindcrime, l’agressif Empire ou encore le plus atmosphérique Promise Land. Alors, Tribe : l’album de la rédemption ?

La réponse n’est hélas pas si simple. Tribe est réellement le fruit d’un compromis entre le Queensryche pre et post-de Garmo, avec une pondération importante de la première période. Les premiers titres de l’album font penser à Q2K : « Open » est, malgré son introduction martiale « à l’ancienne », représentatif de cette formule, comme les deux titres suivants. C’est pourtant sur la suite du disque que le groupe semble retrouver des réflexes vieux de 10 ans et bien heureux. Les compositions s’assombrissent, les guitares se dédoublent pour laisser De Garmo placer quelques harmonies plaintives, tandis Wilton en profite pour ressortir quelques rythmiques acérées du placard. La formule opère rapidement. L’ambiance générale rappelle surtout Empire sur « Tribe », morceau très dynamique à la « Jet City Woman », et surtout « Under my Skin », avec Tate qui réitère le coup de la narration déjà employé sur « Empire ». Même la ballade « Rhythm of Hope » retrouve un parfum des compositions les plus calmes de leur album de 1990, avec ses arrangements grandiloquents. De plus, Tate survole toujours les débats avec sa voix unique.

Certes, celui qui n’apprécie pas le groupe ne risque pas d’applaudir à cette version 2003 : elle ne constitue pas une ouverture vers un plus large public. Les fans les plus exigeants en voudront plus et les amateurs d’originalité en seront pour leur frais. Mais pour tous les autres, ceux qui suivent le Rÿche et regrettaient un honnête successeur à l’époque de gloire, Tribe constitue un premier pas vers l’absolution et un bon album de métal sophistiqué.