Tomas Bodin - Sonic Boulevard

10/09/2003

Par Pierre Graffin

Label: InsideOut Music

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Troisième album du claviériste des Flower Kings, Sonic Boulevard s’annonce comme une bonne surprise de cette rentrée 2003. En effet, si la discographie des Suédois est inégale en qualité, celle de Bodin semble en revanche beaucoup plus constante (voir notre chronique de son précédent disque, PinUp Guru) et cet album en est une nouvelle preuve.

Précisons que Sonic Boulevard est, hors quelques interventions non chantées et à l’instar des deux albums antérieurs de Bodin, complètement instrumental. Ce qui frappe le plus est la richesse musicale de l’ensemble : on navigue en permanence au milieu d’influences musicales diverses et variées, depuis le très ‘real world’ « The Prayer » jusqu’au plus conventionnel et épique « The Hero From Cloud City », en passant par le jazzy « Walkabout » – on pense irrésistiblement à George Benson – ou un « Picture » très épuré et aérien au piano solo. Le compositeur suédois évolue dans des styles parfois radicalement opposés avec une aisance qui force l’admiration et un bonheur communicatif. Les parties les plus « symphoniques » rappelleront naturellement The Enid ou parfois Camel (« The Night Will Fall » et sa ligne de basse fretless), mais l’ensemble reste suffisamment aéré pour ne pas sentir le réchauffé. On regrettera peut-être une impression générale d’improvisation, qui tranche singulièrement avec les œuvres précédentes de Bodin, beaucoup plus construites. La présence – main mise ? – de Roine Stolt sur certaines compositions est également très sensible : que ce soit la guitare de Stolt ou celle de Jocke JJ. Marsh, principal guitariste sur cet album, l’instrument est omniprésent et parfois même envahissant, à tel point que certains passages comme dans « The Horses From Zaad » ressemblent à s’y méprendre à du Satriani époque Surfing With The Alien.

Malgré quelques maladresses dont une production un peu sommaire et l’emploi de sons parfois discutables, Sonic Boulevard ravira donc les amateurs de Bodin (et de Stolt !) ainsi que les amateurs de progressif en général. Beaucoup plus débridé que ce que les Flower Kings ont l’habitude de faire, ce « Boulevard Sonore » est loin d’être embouteillé. La circulation y est au contraire très fluide, malgré le joyeux désordre qui y règne parfois !