A.C.T. - Last Epic

04/05/2003

Par Dan Tordjman

Label: Atenzia Records

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Depuis leur premier album Today’s Report, sorti il y a maintenant trois ans, A.C.T est souvent revenu dans nos pages. Après Imaginary Friends (2001), nous attendions donc beaucoup de la nouvelle production des Joyeux Loufoques du rock progressif actuel. Et l’attente s’avère récompensée : Last Epic, concept-album sur la vie quotidienne dans un immeuble (!), demeure captivant de bout en bout et ce, en grande partie grâce au talent du claviériste Jerry Sahlin, compositeur principal du groupe.

Ce nouveau disque se veut de fait plus varié que ne pouvaient l’être ses prédécesseurs. Ainsi A.C.T s’autorise des incursions réussies dans le reggae, la pop ou le heavy parfois au sein du même titre, démarche que n’auraient certainement pas renié Toto, Queen ou Frank Zappa par exemple, dont on reconnaîtra clairement les influences par endroits en plus de celle peu fréquente de Frankie Valli & the Four Seasons (rappelez-vous la version anglaise de « Cette année là », le thème de Grease etc.), notamment dans les chœurs.
Si Last Epic se veut plus varié, il est également bien plus massif et le guitariste Ola Andersson s’en donne à cœur joie sur “Torn By A Phrase“ ou “Manipulator“. Aimant jouer avec les extrêmes, Sahlin s’est amusé à faire côtoyer titres agressifs et calmes (intercalant ici et là, des parties de vocoder à la E.L.O.), jouant ainsi sur les ambiances qui servent de support parfait aux textes un rien cyniques.

Notons qu’un nouveau venu fait son apparition dans la formation, le batteur Thomas Lejon (Andromeda) qui insuffle à A.C.T ce surcroît d’énergie. Dans un registre différent de celui de son autre groupe, moins technique et plus axé sur le groove, Lejon fait état sur ce disque sa remarquable finesse sans cependant oublier de cogner, paradoxalement (!), régulièrement comme une brute.

La production reste proche des précédents disques du groupe : plus puissante, mais encore légère, très claire et distincte. Si vous avez envie de refrains vraiment prenants, de vous lever du bon pied et de chanter des paroles pleines d’humour, Last Epic est fait pour vous. Nous attendions un disque comme celui-ci au sein de la rédaction de Progressia, liant la pop légère au gros rock et au progressif, et il est arrivé ! On en a rêvé, Jerry l’a très bien fait et obtient l’éloge général sans abstention de la rédaction.