Karnataka - Delicate Flame of Desire

11/03/2003

Par Djul

Label: Immrama Records

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Sextuor anglais formé à la fin des années 90, Karnataka a déjà à son actif deux albums dont le dernier en date, The Storm, fut chroniqué dans nos pages il y a deux ans. Le groupe, gravitant autour de la chanteuse Rachel Jones, bénéficie d’une notoriété assez importante en Grande Bretagne, notamment grâce à une présence soutenue sur les scènes du pays, et revient aujourd’hui avec Delicate Flame of Desire.

Sur ce disque, Karnataka fait la preuve d’une notable évolution, dans le style comme dans le son. Tout d’abord, si l’on retrouve ce progressif léger et aux relents néo, l’aspect pop cher aux Anglais est désormais plus présent, avec des refrains accrocheurs, rappelant presque The Corrs (« The right time »). Attention toutefois : les morceaux restent assez longs, et l’instrumentation riche, sans jamais tomber dans le démonstratif, avec un recours moins récurent au folk. Dernier point d’importance, le chant profond de Rachel, et en particulier les voix doublées et les chœurs assurés par la flûtiste Anne-Sophie font irrésistiblement penser à Elizabeth Fraser, des très estimés Cocteau Twins (l’enchaînement « After the rain » / « Strange Behaviour »). Musicalement, le groupe se plaît à créer une musique atmosphérique, à mi-chemin entre Marillion années 90 et une pointe de Porcupine Tree, voire de Mostly Autumn quand le groupe se laisse aller à sa tendance folk. Le son est quant à lui l’un des indéniables atouts de ce disque : parfaitement équilibré et dynamique (mention particulière à cette basse tout en rondeur), avec notamment un enchevêtrement entre voix et claviers sans faille. Le mastering aux studios Abbey Road a dû aider à obtenir ce remarquable résultat.

Aux rangs des reproches, on pourra noter une certaine linéarité dans les morceaux, tant il est vrai que Karnataka a composé une alchimie particulière, mais qu’il s’y tient sans trop se remettre en question. Le groupe emploie souvent certains gimmicks néo-progressif, flirtant parfois avec la romance à l’eau de rose (« The Right Time »). Une pointe de modernité ou plus de prise de risque n’auraient pas été superflus, mais l’auditeur sensible à des groupes comme le Marillion de Hogarth, les Cocteau Twins et d’une manière générale à la pop sophistiquée, adhérera sans doute à cette œuvre.