Eclat - Le Cri de la Terre

18/02/2003

Par Djul

Label: Musea

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Eclat vient de Marseille et officie dans le rock progressif instrumental depuis près de dix ans. Les précédentes réalisations du groupe (Volume 1, Volume 2 et Volume 3, sorti en 1997) proposaient des morceaux relativement concis, plutôt bien produits mais qui pêchaient par un côté un peu sage.

Le cri de la terre reprend quelques éléments caractéristiques de leur musique, et quelques innovations et améliorations qui en font l’intérêt. Eclat propose une musique aérée, parfois planante et parfois plus orientée vers le néo-progressif. Les compositions ont le mérite d’être très carrées, relativement courtes et tournant autour de quelques thèmes seulement. La progression d’Eclat est néanmoins évidente sur ce disque, et ce sur bien des points.
La production, très claire, distingue chaque instrument et offre un son de guitare plus pêchu que sur les précédents albums du groupe, ce qui n’est jamais pour nous déplaire ! Techniquement, la différence est aussi claire et s’exprime notamment sur le tandem « Energies »-« Horizons pourpres ». Le disque est de plus d’une grande variété : ainsi l’introductif « Le cri de la terre » a presque des accents UK avec sa guitare acérée et son tempo d’enfer, tandis qu’« Eternité » accélère encore un peu le tempo avec une section rythmique vrombissante. « Tri-un », peut être le meilleur titre de l’album, est une longue montée en puissance jazzy, alors que « La vie du Sonora », seul morceau chanté confirme que le groupe… a bien fait de choisir la voie instrumentale ! Le chant n’est en effet pas totalement convaincant, et l’intégration des paroles à la musique un peu approximative ! D’autres titres sont nettement plus planants, comme le très beau « Aurore Boréale », ou « Mr Z », aux réminiscences floydiennes.

Le cri de la terre recèle donc de bons morceaux. Mais le bât blesse pour ce qui est de l’intérêt à long terme pour l’auditeur lamda. Eclat développe de beaux thèmes, très variés et de la bonne manière, mais à force d’enchaîner les styles, sans proposer de surprises ou d’innovations, le groupe laisse à son auditeur l’impression d’entendre des musiciens s’éclatant visiblement beaucoup, mais sans cohérence ni identité marquée. On en finit presque par écouter Eclat avec une indifférence qu’il ne mérite pourtant pas, défaut classique d’un album de musiciens pour musiciens.