Ashtar - Urantia

12/02/2003

Par Djul

Label: Musea

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Sextuor brésilien, Ashtar a mis plus de trois ans à accoucher de son premier disque. Urantia est enfin disponible aujourd’hui et propose un contenu surprenant, compte tenu de la nationalité du groupe.

Ashtar joue en effet un doom très mélodique, fortement influencé par le folk et la musique celtique : Braveheart aurait-il engendré des vocations outre-Atlantique, comme pourrait le sous-entendre l’épique « Children of the mist », sorte de reconstitution musicale d’une bataille écossaise ? Le plus étonnant est que ces influences sont parfaitement assimilées et se mêlent fort bien au metal gothique plus traditionnel, et d’obédience européenne, servi par le groupe. Point de metal folklorique à la Skyclad ici, donc. On découvre de nombreux arrangements pour instruments à vents (« Amazing grace ») et de jolis arpèges à la guitare acoustique, soulignés par des claviers discrets. Fernanda Mesquita, la chanteuse, mène la danse avec un timbre qui rappelle Liv de Theater of Tragedy (une voix qui porte donc peu). Cependant, et c’est un bien, les titres ne sont pas uniquement taillés pour ses interventions, et, un peu comme l’équilibre atteint par The Gathering sur Mandylion, les passages instrumentaux ont aussi droit de cité.

« Urantia », le morceau de bravoure du disque, est presque un medley de ces influences gothiques (avec un final digne de The Silent Enigma d’Anathema). Tout cela a suffisamment de personnalité pour ne pas sonner comme un pastiche, mais pas assez cependant pour surprendre l’amateur. La suite est un peu plus personnelle, et la face acoustique de ces musiciens s’avère finalement beaucoup plus développée que chez les groupes précités. Pourtant, cela n’empêche pas Ashtar de jouer sur des rythmes enlevés (« Druid dream »), ce qui évite de faire retomber l’attention de l’auditeur, contrairement à certains groupes similaires qui, tels Mostly Autumn, manquent parfois de mordant. La production de l’ensemble est aérée et laisse de la place pour chaque instrument, y compris pendant les rares moments pendant lesquels les guitares saturées font leur apparition (« Oblivious Scars », très Anathema), sans que cela choque le moins du monde.

Il se dégage de ce disque une grande sérénité et une certaine joie de vivre, les titres jouant rarement la carte de la noirceur. Au final, Ashtar propose une formule assez originale qui pourrait en séduire beaucoup, le créneau dans lequel il s’inscrit étant à l’heure actuelle quasi-vacant.