Runaway Totem - Tep Zepi – L’era degli dei

11/02/2003

Par Djul

Label: Musea

Site:

Runaway Totem est un groupe italien, signé sur l’incontournable label progressif Musea. Tep Zepi, leur quatrième album, évolue à la frontière de plusieurs univers musicaux, puisqu’on trouve des réminiscences de chants sacrés, des passages doom que ne renierait pas Godsend, quelques transitions un peu ambient et des aspects plus typiquement progressifs. Une certitude toutefois : l’ensemble est emprunt de spiritualité et tourne autour d’un concept concernant le divin.

Ainsi, « Aurea Carmina » ouvre l’album avec un chant italien lyrique, assuré par le dénommé Cahal de Bêtêl. Cette particularité est d’ailleurs l’un des points forts du groupe, le bonhomme maîtrisant indéniablement son organe, dans un registre toutefois différent de celui d’Alberto Piras (Deus Ex Machina). « Iperborea » est dans un style similaire, très sombre et épique à la fois. A l’inverse, « Sacro Re » plonge l’auditeur dans un bain de metal bouillonnant à la Crimson, avec de nombreux riffs stridents. Dans la même veine, « Montsalvat » lorgne vers les barjots de 5uu’s, sans pour autant atteindre leur niveau. La fusion de ces deux genres n’est atteinte que sur « I Guardini ».
Si la démarche du groupe donne à Tep Zepi une cohérence indéniable, on est un peu plus perplexe sur la qualité intrinsèque de certains titres. De même, la production ne montre pas les Italiens sous leur meilleur jour : le son de batterie est très sec, les guitares sont étriquées, la plupart des sonorités de synthés paraissent tout droit sorties d’un Bontempi, tandis que quelques passages inutiles voire maladroitement interprétés, alourdissent le disque : les premières minutes d’un titre comme « Pardes » illustrent ces différents défauts. Les passages (très) répétitifs à la limite du rock in opposition paraissent plus en contradiction qu’en osmose avec les moments les plus épiques du disque. Bref, il manque parfois à Runaway Totem l’inspiration ou la maîtrise instrumentale suffisante pour être au niveau de son ambition.

Si Runaway Totem décidait de jouer totalement la carte du progressif lyrique, voire gothique, il aurait sans doute les atouts nécessaires pour intéresser un plus large public. S’il persévère dans le domaine du rock in opposition, on peut avoir plus de doutes quant aux acquis techniques actuels des instrumentistes pour briller dans ce domaine fort exigeant. Sur Tep Zepi, le groupe ne choisit pas et frustre hélas plus qu’il n’attire.